À Paris, le cortège néofasciste du 9-Mai restera interdit

Le tribunal administratif de Paris a confirmé l’interdiction de la manifestation annuelle du Comité du 9-Mai, aussi appelé C9M. Cette décision marque une rupture. Selon Libération, c’est la première fois depuis 2008 que ce défilé rituel d’extrême droite reste interdit dans la capitale. En 2024 et 2025, la justice avait au contraire suspendu les arrêtés préfectoraux et permis la tenue du rassemblement. 

Un risque de troubles à l’ordre public

La préfecture de police avait interdit la marche en raison de risques sérieux de violences et de troubles à l’ordre public. Le tribunal a suivi cette analyse. Le contexte pèse lourd : les autorités redoutent des affrontements entre militants d’ultradroite et contre-manifestants antifascistes. La justice a aussi pris en compte la mort d’un militant d’extrême droite radicale, Quentin Deranque, après des affrontements à Lyon le 14 février

Le C9M, un rendez-vous de l’ultradroite

Le C9M organise chaque année une commémoration autour de Sébastien Deyzieu, militant nationaliste mort en 1994 en tentant d’échapper à la police lors d’une manifestation interdite. Au fil des années, ce rendez-vous a rassemblé plusieurs mouvances nationalistes, néofascistes et néonazies. Les cortèges ont souvent suscité la polémique, notamment à cause de militants masqués, de symboles radicaux et d’un service d’ordre hostile aux journalistes. 

Une contre-manifestation aussi bloquée

La justice a également validé l’interdiction de la contre-manifestation antifasciste. En revanche, elle a autorisé la tenue d’un « Village antifasciste ». Cette double interdiction traduit la volonté des autorités de réduire les risques d’affrontement dans Paris. Le C9M envisageait encore un recours devant le Conseil d’État, mais ses chances semblaient faibles dans les délais disponibles. 

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