Les forces russes ont remis en service la mine antipersonnel PMD-6 sur le front ukrainien, selon plusieurs médias spécialisés dans le suivi du conflit. Ce modèle de mine à déclenchement par pression avait disparu de l’arsenal militaire russe depuis la fin des années 1940.
La découverte a eu lieu dans la région de Soumy, au nord-est de l’Ukraine. Selon le canal spécialisé « Mines et café avec sandwichs », des exemplaires de cette mine ont été récupérés par les forces ukrainiennes au début de l’année 2026. Les experts militaires ukrainiens ont ensuite analysé ces équipements afin d’en déterminer l’origine et les caractéristiques techniques.
Une arme ancienne remise au goût du jour
D’après Le Parisien, l’entrée en service dans les années 1930, la PMD-6 figure parmi les mines antipersonnel les plus simples conçues au XXe siècle. L’armée soviétique l’avait largement utilisée pendant la Seconde Guerre mondiale avant de la retirer officiellement de son arsenal en 1948 ou 1949 selon les sources.
La version observée en Ukraine présente toutefois plusieurs modifications. Contrairement au modèle historique, fabriqué principalement en bois, la nouvelle mine dispose d’un boîtier en plastique moulé. Cette évolution améliore sa résistance aux conditions du terrain et réduit le risque de déclenchement accidentel sous le poids de la terre ou des éléments de camouflage.
L’engin utilise un bloc standard de TNT de 75 ou 200 grammes associé à un mécanisme de mise à feu relativement simple. Cette conception permet une fabrication rapide et peu coûteuse, un facteur important dans un conflit marqué par une forte consommation de munitions et d’équipements militaires.
Les mines restent un enjeu majeur du conflit
Cette réapparition intervient alors que les mines terrestres continuent de représenter l’une des principales menaces pour les civils en Ukraine. Selon des données précédemment communiquées par la police nationale ukrainienne, 1 358 civils ont été victimes d’engins explosifs depuis le début de l’invasion russe à grande échelle. Parmi eux, 380 personnes ont perdu la vie, dont 21 enfants.
Les autorités ukrainiennes poursuivent parallèlement un vaste effort de déminage. Les unités spécialisées ont neutralisé plus de 458 000 engins explosifs et sécurisé des milliers d’hectares de terres agricoles ainsi que plusieurs infrastructures essentielles.
La question des mines antipersonnel reste également sensible sur le plan international. La Convention d’Ottawa de 1997 interdit l’utilisation, la production, le stockage et le transfert de ces armes. Plus de 160 États ont adhéré à ce traité. La Russie ne l’a toutefois jamais ratifié et n’est donc pas juridiquement liée par ses dispositions.
L’apparition de la PMD-6 illustre l’évolution constante des méthodes employées dans la guerre en Ukraine. Les deux camps adaptent régulièrement leurs équipements en fonction des contraintes du terrain, des capacités industrielles disponibles et des besoins opérationnels. Pour les organisations humanitaires, la multiplication des mines demeure cependant une préoccupation majeure, car leurs effets peuvent se faire sentir pendant des décennies après la fin des combats.
