Le secteur privé français a continué de se contracter en juillet 2026, mais à un rythme nettement plus faible. Le redressement des services a rapproché l’activité économique de la stabilisation. Toutefois, plusieurs risques pourraient encore freiner cette amélioration.
Selon Reuters, l’indice PMI composite provisoire de la France a atteint 49,6 points en juillet. Il s’établissait à 47,2 points en juin. La hausse dépasse également la prévision de 47,8 points établie auprès des économistes.
Le PMI France se rapproche du seuil de croissance
Un indice PMI supérieur à 50 points signale une progression de l’activité. En revanche, une valeur inférieure traduit une contraction. Le résultat de juillet montre donc que le secteur privé français reste fragile.
Cependant, l’écart avec le seuil de croissance s’est fortement réduit. L’indicateur se rapproche ainsi d’une stabilisation après plusieurs mois difficiles. Cette évolution pourrait annoncer une amélioration, mais elle ne confirme pas encore une reprise durable.
Les PMI reposent sur les réponses des responsables des achats dans les entreprises. Ils mesurent notamment l’activité, les commandes et les conditions commerciales. Ces indicateurs donnent donc un aperçu rapide de la conjoncture.
Les services portent l’amélioration de l’activité
Le secteur des services a fourni le principal soutien en juillet. Son indice d’activité a progressé à 49,8 points, contre 46,8 en juin. Il dépasse nettement la prévision de 47,5 points recensée avant la publication.
Cette progression reste néanmoins insuffisante pour signaler une véritable expansion. Les services évoluent juste sous le seuil des 50 points. Toutefois, leur recul devient très limité.
Cette tendance compte particulièrement pour l’économie française. En effet, les services représentent une part majeure de l’activité nationale. Une stabilisation du secteur peut donc soutenir l’emploi, la consommation et les investissements.
Par ailleurs, la confiance des entreprises françaises a atteint un sommet de quatre mois en juillet. L’indicateur de climat des affaires de l’Insee s’est établi à 97 points. Il reste cependant sous sa moyenne de long terme, fixée à 100.
L’industrie française perd une partie de son dynamisme
La situation apparaît moins favorable dans l’industrie. L’indice PMI manufacturier provisoire a reculé de 51,2 points en juin à 50,0 en juillet. Il atteint donc exactement la frontière entre croissance et contraction.
Le résultat reste également inférieur aux 51 points attendus par les économistes. Ainsi, le secteur industriel ne contribue plus autant à l’amélioration générale. Son activité marque une pause après le résultat plus solide de juin.
Cette évolution invite à la prudence. Une industrie stable peut limiter le potentiel de croissance du secteur privé. De plus, les entreprises restent exposées aux variations des coûts de production.
L’enquête de conjoncture de l’Insee offre toutefois un signal plus nuancé. La confiance des industriels a progressé à 101 points en juillet. Les entreprises ont notamment fait état d’une production plus forte et de carnets de commandes mieux orientés.
L’inflation et les coûts de financement restent surveillés
Le ralentissement de la contraction constitue une amélioration pour l’économie française. Néanmoins, les entreprises continuent de faire face à plusieurs incertitudes. Les coûts de financement restent élevés, tandis que les tensions géopolitiques perturbent les perspectives.
Les marchés du pétrole et du gaz représentent un risque important. Une nouvelle hausse de l’énergie augmenterait les dépenses des entreprises. Elle pourrait également relancer les pressions inflationnistes.
En outre, une inflation persistante compliquerait la baisse des taux d’intérêt. Les ménages et les sociétés conserveraient alors des conditions d’emprunt moins favorables. Cette situation pourrait peser sur la consommation et les investissements.
Joe Hayes, économiste chez S&P Global, estime que l’incertitude économique restera un obstacle. Il souligne notamment les risques liés aux marchés énergétiques et aux tensions au Moyen-Orient.
Une amélioration réelle mais encore fragile
Les données de juillet dessinent donc une économie française proche de la stabilisation. Les services se redressent, tandis que l’industrie se maintient tout juste. Cependant, aucun des deux secteurs ne montre encore une croissance largement installée.
Le prochain enjeu sera de confirmer cette tendance durant les mois suivants. Une progression du PMI France au-dessus de 50 points renforcerait le scénario d’une reprise. En revanche, un nouveau choc énergétique pourrait rapidement interrompre cette dynamique.
Enfin, les indicateurs devront être comparés aux données officielles sur la croissance et l’emploi. Les PMI constituent des estimations rapides, mais ils ne remplacent pas les comptes nationaux. Ils signalent néanmoins que le recul de l’activité privée française s’est nettement atténué en juillet.
