Depuis le 1er janvier 2026, la France interdit la vente de plusieurs cosmétiques rincés contenant des microplastiques ajoutés intentionnellement. La mesure concerne notamment certains shampoings, gels douche, produits colorants et démaquillants. Elle prolonge une première restriction appliquée aux produits exfoliants depuis 2018.
Selon le ministère de la Transition écologique, l’interdiction vise les produits rincés contenant au moins 0,01 % de microplastiques. Toutefois, les particules naturelles non modifiées chimiquement et les matières biodégradables ne relèvent pas de cette mesure. Le texte découle de la loi antigaspillage pour une économie circulaire, dite loi AGEC.
Les microplastiques disparaissent progressivement des cosmétiques rincés
Les fabricants utilisent certaines microparticules de polymères pour modifier la texture ou l’apparence d’un produit. Elles peuvent aussi stabiliser une formule, former un film ou contrôler la libération d’un ingrédient.
Cependant, ces particules rejoignent les eaux usées lorsque le consommateur rince le produit. Les stations d’épuration peuvent en retenir une partie, mais elles ne les éliminent pas toujours totalement. Ainsi, des résidus peuvent atteindre les cours d’eau, les sols et les milieux marins.
La France avait déjà interdit en 2018 les microbilles plastiques présentes dans les produits exfoliants et nettoyants rincés. La mesure de 2026 élargit donc le dispositif à d’autres catégories de cosmétiques. Elle ne constitue toutefois pas une interdiction immédiate de tous les microplastiques dans tous les produits de beauté.
Une réglementation française plus rapide que le calendrier européen
L’Union européenne applique également une restriction générale aux microplastiques ajoutés intentionnellement. Adoptée dans le cadre du règlement REACH, elle est entrée en vigueur le 17 octobre 2023. Bruxelles estime que le dispositif pourrait éviter le rejet d’environ 500 000 tonnes de microplastiques sur vingt ans.
Toutefois, le calendrier européen prévoit plusieurs périodes de transition. Les cosmétiques rincés peuvent rester commercialisés jusqu’au 16 octobre 2027 dans le cadre européen. Les produits non rincés disposent, en revanche, d’un délai allant jusqu’en octobre 2029.
Enfin, le maquillage ainsi que les produits pour les lèvres et les ongles bénéficient d’une transition plus longue. Leur échéance européenne est fixée à octobre 2035. Un étiquetage spécifique devra néanmoins signaler la présence de microplastiques à partir d’octobre 2031.
Les fabricants doivent reformuler leurs produits
L’interdiction oblige les marques à revoir certaines compositions. Elles peuvent remplacer les polymères concernés par des substances solubles, naturelles ou biodégradables. Cependant, chaque solution doit préserver la stabilité, la sécurité et l’efficacité du produit.
Cette adaptation peut donc représenter un coût pour l’industrie cosmétique. De plus, une reformulation demande souvent des essais techniques et des contrôles réglementaires. Les entreprises ont néanmoins bénéficié de plusieurs années pour préparer l’échéance française.
Par ailleurs, les fabricants doivent vérifier précisément la fonction et les propriétés de chaque polymère. Tous les ingrédients dont le nom évoque un plastique ne correspondent pas automatiquement à la définition juridique d’un microplastique.
Une mesure ciblée face à une pollution beaucoup plus large
Les cosmétiques représentent seulement une partie des rejets de microplastiques. Une grande quantité provient aussi de la dégradation d’objets plus volumineux. Les textiles synthétiques, les pneus et les déchets plastiques constituent également des sources importantes.
Néanmoins, les particules ajoutées volontairement peuvent être supprimées dès la conception des produits. Leur interdiction constitue donc un levier directement accessible aux pouvoirs publics et aux industriels.
La mesure française poursuit ainsi un double objectif. Elle réduit les émissions évitables tout en encourageant l’innovation dans les formulations cosmétiques. Cependant, la lutte contre cette pollution nécessitera aussi des actions sur les emballages, les vêtements et les transports.
