Le Parquet national antiterroriste (PNAT) a ouvert une enquête préliminaire à la suite d’une conférence de presse clandestine du Front de libération nationale corse – Union des combattants (FLNC-UC). Cette décision fait suite à des menaces publiques visant les personnes que l’organisation qualifie de « colons étrangers », en particulier les citoyens français qui ne sont pas originaires de Corse.
La procédure porte notamment sur des faits d’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, rapporte France info.
Les autorités vérifient également des faits liés au trafic illégal d’armes
Outre les menaces proférées, le parquet enquête également sur d’éventuelles infractions liées à l’acquisition, à la détention et au transport d’armes et de munitions des catégories A et B, qui auraient pu être utilisées dans le cadre d’activités terroristes.
Cette enquête s’appuie notamment sur les images de la conférence de presse clandestine, au cours de laquelle les membres de l’organisation sont apparus armés.
Le FLNC-UC s’est opposé à la réforme de l’autonomie de la Corse
Lors de son intervention, les représentants du FLNC-UC ont vivement critiqué le processus d’élargissement de l’autonomie de la Corse actuellement examiné par le Parlement français. L’organisation l’a qualifié de « mascarade » et a affirmé que les modifications proposées ne répondaient pas à ses revendications politiques.
Le mouvement a également accusé l’État français de poursuivre ce qu’il appelle la « colonisation de peuplement » de l’île.
Le mouvement a adressé des menaces directes aux nouveaux habitants de l’île
Dans sa déclaration, le FLNC-UC a affirmé que plusieurs milliers de nouveaux habitants s’installent chaque année en Corse, dont la majorité sont des citoyens français. C’est à leur intention que l’organisation a lancé un appel leur demandant de « rester chez eux » tant que, selon elle, les « droits nationaux » de la Corse ne seront pas reconnus.
Les membres du mouvement ont également déclaré que ceux qui décideraient malgré tout de venir s’installer sur l’île « ne devraient pas se considérer en sécurité », des propos qui ont constitué l’un des principaux motifs de l’intervention du Parquet national antiterroriste.
Les autorités françaises considèrent l’affaire comme une question de sécurité nationale
L’enquête devra établir l’ensemble des circonstances de cette prise de parole et déterminer si des actes violents étaient en préparation. La réaction du PNAT montre que les autorités françaises considèrent les appels publics à l’intimidation de la population civile ainsi que l’exhibition d’armes comme une menace terroriste potentielle.
