La nouvelle hausse du chômage fragilise le bilan économique du gouvernement à quelques mois de la présidentielle

Le chômage poursuit sa progression en France et complique sérieusement l’objectif de plein-emploi défendu depuis plusieurs années par Emmanuel Macron. Le taux a augmenté au deuxième trimestre 2026, confirmant une tendance désormais installée. Il s’agit du sixième trimestre consécutif de hausse. À l’approche de la présidentielle de 2027, cette évolution transforme aussi l’emploi en sujet politique majeur. 

Selon Le Monde, le chômage se rapproche désormais des niveaux enregistrés en 2017, au début du premier quinquennat d’Emmanuel Macron. Cette évolution contraste avec l’ambition de parvenir au plein-emploi, longtemps présentée comme l’un des objectifs économiques centraux du pouvoir. Cependant, les transformations récentes du marché du travail rendent la comparaison plus complexe qu’un simple retour en arrière. 

Le chômage progresse pour le sixième trimestre

La dégradation ne correspond plus à une variation isolée. Six trimestres consécutifs de hausse dessinent désormais une tendance suffisamment longue pour alimenter les inquiétudes. En outre, le nombre de demandeurs d’emploi sans activité a augmenté de 0,8 % au deuxième trimestre 2026. Cette évolution intervient alors que la croissance française reste trop modérée pour provoquer une forte accélération des embauches. 

Le ralentissement touche plusieurs secteurs et catégories professionnelles. Les entreprises deviennent plus prudentes dans leurs recrutements lorsque leurs perspectives économiques se dégradent. Par ailleurs, les difficultés ne concernent plus seulement quelques activités particulièrement exposées. Le refroidissement du marché du travail commence donc à peser sur une partie plus large de l’économie.

L’objectif de plein-emploi s’éloigne

Emmanuel Macron avait fait du plein-emploi l’un des marqueurs de sa politique économique. Les réformes du marché du travail, de l’assurance-chômage et de la formation professionnelle devaient notamment favoriser le retour vers l’emploi. La baisse observée pendant plusieurs années avait renforcé cette stratégie. Cependant, la dynamique s’est désormais inversée.

Le retournement arrive à un moment politiquement délicat. Le second mandat d’Emmanuel Macron approche de son terme et les candidats à la présidentielle commencent à dresser le bilan économique des deux quinquennats. Ainsi, les chiffres de l’emploi deviennent progressivement un argument de campagne. L’ancien premier ministre Édouard Philippe figure notamment parmi les responsables politiques qui critiquent désormais les résultats obtenus. 

Le marché du travail devient un enjeu pour 2027

La situation reste toutefois différente de celle connue après certaines grandes crises économiques. La France ne connaît pas un effondrement brutal de l’emploi. Néanmoins, l’accumulation de plusieurs trimestres négatifs modifie progressivement la perception de la situation.

Le gouvernement devrait donc chercher à défendre les créations d’emplois enregistrées depuis 2017 tout en reconnaissant le retournement actuel. En revanche, l’opposition dispose désormais d’un indicateur simple pour contester la promesse de plein-emploi. Les prochains trimestres seront décisifs : une stabilisation pourrait limiter la portée politique du sujet, tandis qu’une nouvelle hausse placerait l’emploi au cœur de la campagne présidentielle.

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