L’iPhone vendu en Europe devient progressivement différent de celui proposé dans le reste du monde. Sous la pression du Digital Markets Act, Apple doit ouvrir davantage son écosystème aux services concurrents. L’entreprise américaine a longtemps contesté plusieurs obligations européennes, notamment celles concernant l’App Store et iOS. Cependant, Bruxelles entend empêcher les grandes plateformes d’utiliser leur position dominante pour verrouiller l’accès aux utilisateurs européens.
Selon Le Monde, le cadre européen a notamment ouvert la voie au téléchargement d’applications en dehors de l’App Store. La justice européenne a également rejeté en juillet un recours d’Apple contestant sa désignation comme « contrôleur d’accès » pour l’App Store et iOS. L’entreprise reste donc soumise aux principales obligations du Digital Markets Act.
Bruxelles veut ouvrir les écosystèmes numériques
Le Digital Markets Act vise un petit nombre de plateformes considérées comme incontournables. L’Union européenne estime que leur puissance peut empêcher l’émergence de concurrents lorsque les entreprises contrôlent à la fois l’accès aux utilisateurs et les règles du marché.
Apple constitue un exemple emblématique. Pendant des années, l’App Store représentait pratiquement le seul moyen classique de distribuer une application sur iPhone. En outre, le groupe imposait ses propres règles aux développeurs souhaitant proposer des achats numériques.
Le DMA cherche à réduire ce contrôle. Ainsi, les développeurs doivent pouvoir disposer de davantage de possibilités pour distribuer leurs applications ou orienter leurs clients vers d’autres systèmes.
L’iPhone européen devient plus ouvert
Pour les utilisateurs, les changements sont très concrets. Des boutiques alternatives peuvent désormais apparaître sur iOS en Europe. Cette possibilité était longtemps exclue par Apple pour des raisons notamment liées à la sécurité.
Epic Games a déjà profité de cette évolution pour proposer sa propre boutique sur iPhone dans l’Union européenne. Le changement montre que la réglementation peut directement modifier le fonctionnement d’un produit utilisé quotidiennement par des millions de personnes.
Apple continue cependant de défendre son modèle. L’entreprise estime qu’une ouverture plus importante peut augmenter certains risques de sécurité et de confidentialité. Bruxelles considère, en revanche, que ces arguments ne doivent pas servir à empêcher durablement la concurrence.
La bataille européenne dépasse largement Apple
Le conflit constitue un test pour toute la politique numérique européenne. L’Union cherche depuis plusieurs années à imposer ses propres règles aux grandes entreprises technologiques américaines. Le DMA représente l’un des outils les plus ambitieux de cette stratégie.
Si les mesures fonctionnent, elles pourraient permettre à de nouveaux acteurs d’accéder plus facilement aux consommateurs. Elles pourraient également réduire certaines commissions et offrir davantage de choix dans les paiements et les applications.
Cependant, les conséquences ne seront pas immédiatement visibles. Les consommateurs devront adopter les nouvelles alternatives pour qu’une véritable concurrence apparaisse. Les développeurs devront, eux, déterminer si ces nouvelles possibilités présentent un intérêt économique.
Le bras de fer entre Apple et Bruxelles entre donc dans une nouvelle phase. L’enjeu ne consiste plus seulement à modifier quelques règles de l’App Store, mais à déterminer jusqu’où une plateforme peut contrôler l’écosystème construit autour de ses propres appareils.
