Une frappe russe a tué dix civils mardi 18 août à Pechenihy, dans la région de Kharkiv, au nord-est de l’Ukraine. Au moins dix-huit personnes ont également été blessées, tandis que plusieurs bâtiments et véhicules ont été détruits ou endommagés. L’attaque a touché le centre du village, dans une zone fréquentée par la population. Volodymyr Zelensky a dénoncé une nouvelle frappe contre des civils et promis une réponse de Kyiv.
Selon FranceInfo, deux petits missiles de croisière de type Banderol auraient frappé Pechenihy. Les projectiles sont tombés près d’un bureau de poste, de commerces, d’un café et d’habitations. Les autorités ukrainiennes ont fait état de dix maisons privées endommagées, ainsi que de plusieurs magasins et véhicules touchés. La mission de surveillance des droits de l’homme de l’ONU a indiqué qu’elle recueillait des informations sur cette attaque.
Une frappe en plein centre de Pechenihy
L’attaque s’est produite dans une zone située loin de la ligne de front immédiate, mais régulièrement exposée aux frappes russes. Pechenihy se trouve à l’est de Kharkiv, dans une région qui subit depuis plusieurs années des bombardements de missiles, de drones et de bombes aériennes. Mardi, les secours ont découvert une scène de destruction autour du point d’impact, avec plusieurs véhicules incendiés et des bâtiments fortement endommagés.
Les premières informations font état de dix civils morts. Reuters rapporte au moins dix-huit blessés, tandis qu’Associated Press évoque dix-sept personnes blessées. Cette légère différence reflète des bilans établis à des moments différents après l’attaque. Les autorités locales poursuivaient encore leurs opérations et l’évaluation des dégâts.
Zelensky promet une réponse de Kyiv
Volodymyr Zelensky a qualifié l’attaque de tragédie et accusé la Russie d’avoir une nouvelle fois frappé une zone civile. Le président ukrainien a également assuré que Kyiv répondrait à cette attaque, sans préciser immédiatement la nature de cette riposte. Cette déclaration intervient alors que l’Ukraine intensifie elle aussi ses frappes de drones contre des cibles situées en Russie.
Dans la même séquence, Moscou a fait état d’une offensive ukrainienne de très grande ampleur contre plusieurs régions russes. Les autorités russes affirment avoir intercepté plusieurs centaines de drones, notamment autour de Moscou et en Crimée occupée. Ces chiffres proviennent des autorités russes et ne peuvent pas toujours être vérifiés indépendamment. Toutefois, plusieurs médias internationaux confirment une forte intensification des attaques ukrainiennes à longue portée.
Les civils restent fortement exposés dans la région de Kharkiv
La région de Kharkiv figure parmi les territoires ukrainiens les plus régulièrement visés depuis le début de l’invasion russe à grande échelle en février 2022. Sa proximité avec la frontière russe facilite l’utilisation de missiles, de drones et de bombes planantes. En outre, le temps disponible pour déclencher les alertes et intercepter certaines armes peut être particulièrement court.
Ces dernières semaines, plusieurs autres attaques ont déjà fait des victimes dans la région. Le 9 août, des frappes sur la ville de Kharkiv avaient notamment tué plusieurs personnes et fait des dizaines de blessés. Par ailleurs, les bombardements touchent régulièrement les infrastructures énergétiques et économiques ukrainiennes, ce qui augmente encore leur impact sur la population civile.
Une guerre aérienne qui continue de s’intensifier
La frappe de Pechenihy intervient dans un contexte de multiplication des attaques à longue portée des deux côtés. La Russie poursuit une campagne aérienne soutenue contre les villes ukrainiennes, tandis que Kyiv développe ses frappes contre des installations pétrolières, logistiques et industrielles en territoire russe. L’Ukraine cherche notamment à réduire les capacités économiques et militaires qui soutiennent l’effort de guerre de Moscou.
Cependant, cette intensification accroît aussi les risques pour les populations civiles loin des zones de combat terrestre. Les deux camps affirment ne pas viser intentionnellement les civils. Les pertes restent toutefois particulièrement lourdes en Ukraine après plus de quatre années d’invasion russe à grande échelle. L’attaque de Pechenihy rappelle ainsi que les localités du nord-est restent exposées même lorsqu’elles se trouvent à distance immédiate des principaux combats.
