Le gouvernement abandonne pour l’instant le doublement des plafonds des franchises médicales prévu en 2026

Le gouvernement français a décidé, jeudi 20 août 2026, de ne pas doubler immédiatement les plafonds annuels des franchises médicales. La ministre de la Santé Stéphanie Rist avait pourtant défendu cette hausse quelques semaines auparavant. Face aux critiques des patients et des professionnels, l’exécutif cherche désormais un compromis moins coûteux pour les assurés. 

Selon TF1 Info, le gouvernement renonce au doublement du plafond envisagé jusqu’ici, sans abandonner le principe d’une augmentation. Le montant exact du nouveau plafond reste donc à déterminer. Cette évolution marque cependant un recul notable par rapport aux annonces de juillet. 

Les franchises médicales resteront sous surveillance

Aujourd’hui, deux plafonds distincts encadrent le reste à charge lié à ces dispositifs. La franchise médicale est limitée à 50 euros par personne et par année civile. Elle concerne notamment les médicaments, certains actes paramédicaux et les transports sanitaires. 

Par ailleurs, une participation forfaitaire s’applique aux consultations médicales ainsi qu’aux examens de radiologie et de biologie. Elle dispose également d’un plafond annuel de 50 euros. Ainsi, un assuré peut actuellement supporter jusqu’à 100 euros par an au titre de ces deux mécanismes. 

Le projet défendu en juillet devait porter l’ensemble jusqu’à 200 euros annuels. Stéphanie Rist avait alors présenté cette mesure comme un levier pour réduire les dépenses de l’Assurance maladie. Toutefois, la perspective d’une telle hausse a rapidement suscité une forte opposition. 

Une réforme des franchises médicales très contestée

Les associations de patients redoutent surtout les conséquences pour les personnes qui consomment régulièrement des soins. Les malades chroniques peuvent en effet atteindre rapidement les plafonds annuels.

France Assos Santé a contesté les projets visant à doubler les montants et les plafonds. L’organisation estime que ces mesures feraient davantage contribuer les patients les plus dépendants du système de soins. Elle met également en avant le risque d’aggraver les difficultés d’accès aux soins pour certains ménages. 

Cependant, plusieurs catégories restent exonérées de franchise médicale. C’est notamment le cas des moins de 18 ans et des bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire. Certaines femmes enceintes bénéficient aussi d’une exonération pendant une période définie. 

Un enjeu majeur pour les comptes de la Sécurité sociale

Le gouvernement doit néanmoins trouver des recettes ou des économies supplémentaires. Les franchises médicales représentent déjà un levier financier important.

Les franchises et participations forfaitaires ont rapporté 2,3 milliards d’euros au régime général en 2025. Leur rendement atteignait seulement 1,5 milliard d’euros en 2023. Cette hausse s’explique notamment par le doublement de certains montants intervenu en 2024. 

En outre, la Cour estime que le système pourrait être mieux organisé. Elle évalue à environ 500 millions d’euros les recettes supplémentaires possibles grâce à une amélioration du recouvrement. Elle évoque également, à plus long terme, une éventuelle fusion des franchises et participations. 

Le gouvernement doit désormais trouver un compromis

Le recul annoncé ne signifie donc pas la disparition de la réforme des franchises médicales. L’exécutif conserve la possibilité de relever les plafonds, mais dans des proportions inférieures au doublement initialement envisagé. 

Ainsi, le débat devrait désormais porter sur le niveau acceptable de cette hausse. Le gouvernement devra concilier deux objectifs difficiles. Il souhaite réduire les dépenses publiques tout en évitant une augmentation excessive du reste à charge.

La question sera particulièrement suivie par les associations de patients et les professionnels de santé. Enfin, les modalités retenues détermineront quels assurés supporteront réellement l’effort financier supplémentaire.

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