Tusk : la Pologne est devenue plus sûre, tandis que renoncer aux travailleurs ukrainiens porterait un coup à l’économie

Le Premier ministre polonais Donald Tusk a déclaré que la situation sécuritaire sur le flanc oriental de l’OTAN était aujourd’hui meilleure qu’auparavant, tout en appelant à ne pas faire de la présence des Ukrainiens en Pologne un prétexte à la confrontation politique.

Lors d’un échange avec des journalistes à Varsovie le 19 août, Tusk a souligné que la Pologne se trouve aujourd’hui dans une situation nettement plus sûre qu’auparavant. Selon lui, le gouvernement présentera dans les prochains jours des éléments supplémentaires permettant d’étayer cette évaluation.

Le Premier ministre s’est également exprimé sur les plus d’un million de citoyens ukrainiens actuellement présents en Pologne. Il a reconnu que la présence d’un nombre aussi important de personnes peut inévitablement créer certaines tensions sociales et provoquer des conflits ponctuels.

Tusk a toutefois mis en garde contre les appels à une déportation massive des Ukrainiens. Selon lui, un tel scénario porterait un sérieux coup à l’économie polonaise, qui dépend dans une large mesure de la main-d’œuvre étrangère.

« Déporter tout le monde » reviendrait pour le marché du travail polonais à perdre un grand nombre de personnes qui travaillent déjà dans le pays et contribuent à son activité économique, a souligné le Premier ministre.

Tusk : Nord Stream 2 a été une erreur de l’Allemagne

Évoquant le gaz russe et l’histoire du projet Nord Stream 2, le Premier ministre polonais a rappelé que Varsovie s’était constamment opposée à sa réalisation.

Selon Tusk, quelle que soit la force politique au pouvoir, la Pologne avait régulièrement averti des risques liés au renforcement de la dépendance européenne aux hydrocarbures russes.

Il a également déclaré que l’Allemagne ne devrait pas poursuivre les personnes qui, après le début de l’invasion russe à grande échelle de l’Ukraine, ont mené des actions contre les infrastructures de Nord Stream 2.

Tusk a ainsi établi un lien entre la sécurité énergétique européenne et la situation actuelle sur le flanc oriental, estimant que les avertissements formulés par Varsovie concernant la dépendance au gaz russe se sont finalement révélés justifiés.

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