Les entreprises cherchent encore des salariés mais les demandeurs d’emploi peinent davantage à retrouver un poste

Le chômage continue de progresser en France, alors même que de nombreuses entreprises peinent encore à recruter. Au deuxième trimestre 2026, son taux atteint 8,3 % de la population active. Le pays compte désormais environ 2,7 millions de chômeurs au sens du Bureau international du travail. Pourtant, certains métiers manquent toujours de candidats.

Selon l’INSEE, le nombre de chômeurs a augmenté de 62 000 personnes en trois mois. Sur un an, la hausse atteint 261 000 personnes. Le taux de chômage retrouve ainsi son niveau le plus élevé depuis 2020, période marquée par la crise sanitaire. Toutefois, cette progression ne signifie pas que les entreprises ont cessé de recruter.

Les entreprises prévoient moins de recrutements en 2026

Le marché du travail français a nettement perdu de sa dynamique. Les entreprises envisagent environ 2,3 millions de recrutements en 2026. Ce chiffre recule de 6,5 % par rapport à 2025.

La baisse touche tous les grands secteurs. Elle atteint notamment 16,4 % dans la construction. L’industrie résiste davantage, avec une diminution limitée à 2,4 %. En outre, l’emploi salarié privé recule légèrement. Au deuxième trimestre, il diminue de 0,1 %. Sur un an, près de 80 000 emplois privés ont disparu.

Cette évolution dure désormais depuis plusieurs trimestres. Les entreprises restent donc prudentes face aux incertitudes économiques et limitent davantage leurs embauches.

Près d’un recrutement sur deux reste pourtant difficile

Le paradoxe apparaît dans les données de France Travail. Malgré la baisse des intentions d’embauche, 43,8 % des recrutements prévus sont considérés comme difficiles par les employeurs. Les tensions concernent notamment la maintenance industrielle, le bâtiment et la mécanique. Elles touchent aussi les cuisiniers, les infirmiers, les conducteurs, les aides à domicile et certains métiers techniques. Cependant, l’existence de postes vacants ne signifie pas qu’un demandeur d’emploi peut immédiatement les occuper. Les qualifications recherchées ne correspondent pas toujours aux compétences disponibles.

La localisation joue également un rôle. Un emploi disponible dans une zone rurale ou industrielle reste inaccessible sans voiture pour certains candidats. À l’inverse, les grandes métropoles concentrent davantage d’opportunités, mais aussi davantage de concurrence et des logements plus chers.

Salaires et conditions de travail compliquent certains recrutements

La rémunération constitue un autre élément du problème. Au deuxième trimestre 2026, le salaire mensuel de base dans le secteur privé progresse de 1,9 % sur un an. Cependant, le salaire ne suffit pas toujours à rendre un poste attractif. Les candidats prennent aussi en compte les horaires, les transports et le coût du logement. La pénibilité ou le travail le soir et le week-end peuvent également peser dans leur décision. Ainsi, certains secteurs rencontrent simultanément un chômage élevé et une pénurie de candidats adaptés. Le problème vient donc moins d’un manque général de main-d’œuvre que d’une mauvaise correspondance entre les emplois proposés et les personnes disponibles.

Les jeunes sont particulièrement touchés par le chômage

La situation devient plus préoccupante pour les moins de 25 ans. Leur taux de chômage atteint 21,6 % au deuxième trimestre 2026. Il a augmenté de 2,5 points en seulement un an. Les jeunes rencontrent notamment un obstacle classique : l’expérience professionnelle. Certaines entreprises réclament une première expérience, même pour des postes accessibles aux débutants. Cependant, le phénomène touche désormais toutes les générations. Le chômage des 25-49 ans atteint 7,5 %. Celui des personnes de 50 ans ou plus monte à 5,5 %. Le chômage de longue durée progresse également. Environ 671 000 personnes recherchent désormais un emploi depuis au moins un an.

Plus de 5,8 millions de personnes inscrites à France Travail

Les statistiques administratives donnent une autre mesure de la tension. En juin 2026, environ 5,8 millions de personnes étaient inscrites à France Travail dans les catégories A, B et C.

Ce chiffre comprend les personnes sans emploi et celles ayant travaillé partiellement tout en poursuivant leur recherche. Toutefois, une partie de la hausse récente des inscriptions s’explique aussi par la réforme du plein emploi. Depuis 2025, certains bénéficiaires du RSA et jeunes accompagnés sont automatiquement inscrits auprès de France Travail. Il faut donc distinguer cette évolution administrative de la véritable dégradation économique. L’INSEE constate néanmoins une hausse du chômage selon les critères internationaux, ce qui confirme un ralentissement réel.

Le problème n’est pas simplement que les Français refusent de travailler

Les chiffres ne permettent pas de conclure que la hausse du chômage vient principalement d’un refus de travailler. La situation repose sur plusieurs facteurs qui se combinent.

Les entreprises recrutent moins qu’auparavant. Cependant, elles recherchent encore des compétences précises. Les demandeurs d’emploi ne vivent pas toujours dans les territoires où se trouvent les postes et les conditions proposées peuvent aussi limiter les candidatures.

Le marché du travail français fait donc face à un problème de correspondance. Il existe à la fois des personnes qui cherchent un emploi et des entreprises qui cherchent des salariés. Pourtant, leurs besoins, leurs compétences et leur localisation ne coïncident pas toujours. Réduire cet écart devient ainsi l’un des principaux défis du marché du travail français pour les prochains mois.

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