La cocaïne occupe une place croissante dans le marché français des stupéfiants. Les volumes saisis ont fortement progressé et les consommateurs sont plus nombreux. Dans le même temps, les organisations criminelles diversifient leurs routes et leurs méthodes de distribution.
Selon l’OFDT, environ 1,1 million de personnes âgées de 11 à 75 ans ont consommé de la cocaïne dans l’année. Sa diffusion ne concerne plus seulement quelques milieux sociaux ou festifs. Le produit touche désormais des publics beaucoup plus diversifiés.
Les saisies de cocaïne ont atteint des niveaux records
Les chiffres des forces de l’ordre montrent également l’ampleur du phénomène. En 2024, 53,5 tonnes de cocaïne ont été saisies en France. Cela représentait une hausse de 130 % par rapport à 2023.
De plus, les saisies ont continué à un rythme très élevé en 2025. Le ministère de l’Intérieur indiquait déjà 42 tonnes saisies au seul premier semestre. Cependant, une hausse des saisies ne mesure pas directement la quantité totale disponible. Elle traduit à la fois l’importance des flux et l’activité des services de police.
Un marché devenu extrêmement rentable
Le narcotrafic représente plusieurs milliards d’euros de chiffre d’affaires en France. Il repose sur des chaînes internationales d’approvisionnement puis sur des réseaux locaux de distribution. La cocaïne arrive principalement d’Amérique latine avant d’emprunter plusieurs routes européennes. Les ports, les routes, les aéroports et les envois postaux peuvent être utilisés.
Par ailleurs, les réseaux s’adaptent rapidement aux opérations policières. Les livraisons à domicile et les outils numériques facilitent aussi la vente dans des territoires auparavant moins touchés. L’OFAST considère désormais que l’offre de stupéfiants couvre l’ensemble du territoire. Le problème ne concerne donc plus uniquement les grandes métropoles.
Les conséquences sanitaires augmentent également
La progression de la consommation se retrouve dans les services d’urgence. En 2025, 6 529 passages aux urgences liés à la cocaïne ont été enregistrés par le réseau Oscour. Parmi eux, 2 096 ont conduit à une hospitalisation.
Cependant, les disparités régionales restent importantes. La Bretagne, la Guyane et Provence-Alpes-Côte d’Azur présentent notamment des taux élevés. Les données récentes montrent aussi une cocaïne souvent plus concentrée. Cela augmente donc les risques cardiovasculaires, neurologiques et psychiatriques.
Le narcotrafic devient un problème économique et sécuritaire
L’expansion du marché dépasse la seule question sanitaire. Les trafics alimentent le blanchiment d’argent, la corruption et la violence entre groupes criminels.
Le ministère estime que des dizaines de milliers de personnes participent directement au trafic. Cependant, l’économie parallèle concerne un ensemble encore plus vaste d’intermédiaires. Ainsi, la réponse publique doit agir sur plusieurs fronts. Elle associe police, justice, coopération internationale et prévention. La croissance du marché montre toutefois les limites d’une stratégie uniquement fondée sur les saisies. Tant que la demande reste élevée, les organisations criminelles disposent d’un puissant moteur financier.
