Vingt-six plaintes recensées contre Jacques Delfosse alors qu’une nouvelle instruction judiciaire s’ouvre à Lille

La justice française ouvre un nouveau chapitre dans l’affaire Jacques Delfosse. Le parquet de Lille a annoncé vendredi 28 août l’ouverture d’une information judiciaire visant cet ancien prêtre de 88 ans. La procédure concerne des violences sexuelles présumées, dont des viols sur mineurs, et porte sur les situations de sept victimes. 

D’après TF1 Info, qui rapporte les éléments communiqués par le procureur de Lille, les victimes concernées avaient entre 5 et 18 ans au moment des faits présumés. Ceux-ci se seraient produits entre 1990 et 2002. Au total, 26 personnes ont déposé plainte contre l’ancien religieux. 

Jacques Delfosse visé par une information judiciaire

La procédure porte notamment sur des faits présumés d’attentat à la pudeur et de viols. Certaines qualifications concernent des mineurs de moins de 15 ans et une personne ayant autorité sur la victime. À ce stade, il s’agit d’accusations qui doivent être examinées par la justice. 

Les faits retenus dans cette nouvelle instruction auraient eu lieu pendant des camps de vacances. Ces séjours étaient organisés par Jacques Delfosse dans plusieurs départements.

Les investigations concernent ainsi le Nord, l’Ardèche, le Val-de-Marne et les Hautes-Alpes. Cependant, la procédure actuelle ne porte pas sur l’ensemble des plaintes déposées.

Vingt-six personnes ont déposé plainte

Le parquet recense désormais 26 plaignants. Toutefois, les faits dénoncés par 19 d’entre eux sont considérés comme prescrits. Des classements sans suite ont donc été notifiés ou sont en cours de notification pour ces dossiers. 

Cette question de la prescription joue un rôle central dans l’affaire. Elle explique l’écart entre le nombre total de plaintes et celui des victimes concernées par l’information judiciaire.

Jacques Delfosse a, par ailleurs, été entendu librement en juin 2026. Le parquet a indiqué que cette modalité avait été choisie en raison de son état de santé. Désormais, le juge d’instruction devra décider des prochaines étapes de la procédure. 

Une éventuelle mise en examen n’est donc pas acquise à ce stade. Cette décision appartiendra au magistrat instructeur après l’interrogatoire de première comparution.

Une précédente condamnation en 2007

Cette nouvelle procédure intervient près de vingt ans après une première condamnation. En 2007, Jacques Delfosse avait été condamné à cinq ans de prison, dont six mois ferme, pour des viols sur deux adolescentes de moins de 15 ans. Les faits remontaient aux années 1980, lorsqu’il était aumônier à Roubaix. 

L’enquête de l’époque avait identifié 37 victimes. Néanmoins, seules deux situations pouvaient donner lieu à des poursuites en raison des règles de prescription.

L’ancien religieux a exercé dans le Nord puis dans le Val-de-Marne entre 1964 et 2000. En septembre 2025, la justice canonique l’a également relevé de l’état clérical. Le diocèse de Créteil avait ensuite publiquement confirmé cette décision et rappelé sa condamnation de 2007. 

L’Église confrontée aux demandes des victimes

L’affaire connaît également un prolongement au sein de l’Église catholique. L’archevêque de Lille, Laurent Le Boulc’h, doit rencontrer lundi quatre personnes se présentant comme victimes de Jacques Delfosse, d’après les informations communiquées par le diocèse à l’AFP. 

En outre, plusieurs victimes ont sollicité une rencontre avec le pape Léon XIV lors de son déplacement annoncé en France en septembre. Cette démarche place à nouveau la question de l’accompagnement des victimes au centre du dossier. 

La procédure judiciaire va désormais se poursuivre sous l’autorité d’un juge d’instruction. Elle devra déterminer les responsabilités pénales éventuelles concernant les sept victimes retenues dans l’enquête, tout en respectant la présomption d’innocence à ce stade de cette nouvelle procédure.

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