L’école française change les règles : smartphones, éducation financière et nouvelles exigences pour les élèves

En France, la rentrée scolaire aura lieu le 1er septembre et apportera plusieurs changements importants dans les établissements, rapporte France info. Le gouvernement souhaite non seulement modifier certains programmes scolaires, mais aussi faire évoluer l’approche de l’éducation en renforçant la discipline, les connaissances fondamentales, l’éducation financière et la protection des enfants.

Des lycées sans smartphones

L’une des principales nouveautés sera l’interdiction des téléphones portables dans les lycées. Désormais, chaque établissement pourra définir ses propres règles concernant l’utilisation des smartphones : les téléphones pourront être placés dans des casiers spécifiques, rester éteints sur les élèves ou être confisqués pendant les cours.

Des exceptions sont prévues pour les élèves en situation de handicap ainsi que pour certaines catégories d’élèves. Les directions des lycées pourront également adopter des règles plus strictes et limiter l’utilisation des appareils non seulement pendant les cours, mais aussi dans les locaux de l’établissement.

Pour le gouvernement, il ne s’agit pas seulement d’une question technologique, mais aussi de concentration et de discipline. L’objectif est de créer un environnement scolaire dans lequel l’apprentissage ne soit pas constamment perturbé par les notifications, les réseaux sociaux et les divertissements numériques.

L’école apprendra aussi à gérer son argent

Autre changement important : l’éducation financière. Le programme Educfi sera étendu aux élèves de quatrième, c’est-à-dire autour de la huitième année de scolarité, en collaboration avec la Banque de France.

Les élèves apprendront les principes de fonctionnement d’un compte bancaire, les différents moyens de paiement, l’épargne, la gestion d’un budget ainsi que les risques liés au surendettement. La formation se terminera par un test spécifique.

L’éducation française cherche ainsi progressivement à dépasser les matières purement académiques : les élèves doivent être préparés non seulement aux examens, mais aussi à leur future vie d’adulte.

L’année préparatoire après le collège devient permanente

La classe de « prépa-seconde », qui fonctionnait initialement comme une expérimentation, va désormais intégrer durablement le système éducatif français.

Son objectif est d’aider les élèves qui terminent le collège et entrent au lycée, mais qui ont besoin de temps supplémentaire pour consolider leurs connaissances fondamentales. Le programme s’adresse notamment aux élèves qui n’ont pas obtenu le diplôme national du brevet ou qui présentent d’importantes lacunes.

À la fin de cette année, l’élève pourra poursuivre son parcours scolaire ou l’adapter. Environ une centaine de classes de ce type fonctionnent actuellement en France.

Un nouveau concours pour les meilleurs élèves

La France prépare également un concours national destiné aux collégiens, sur le modèle du prestigieux Concours général destiné aux lycéens.

Les établissements pourront présenter jusqu’à 10 % de leurs élèves dans cinq domaines : français, mathématiques, histoire-géographie, arts, ainsi que numérique et programmation.

L’objectif est d’offrir une motivation supplémentaire aux élèves les plus performants et de valoriser l’excellence scolaire au-delà du système habituel d’évaluation.

Les examens s’adaptent aux nouvelles conditions

Après les épisodes de fortes chaleurs qui ont compliqué l’organisation des examens ces dernières années, les autorités françaises ont décidé de programmer la plupart des épreuves écrites et orales du brevet et du baccalauréat le matin.

En 2027, environ 99,9 % des examens devraient ainsi avoir lieu pendant les heures matinales. Pour les formations professionnelles dont les épreuves durent toute la journée, des mesures spécifiques sont prévues, notamment l’adaptation des locaux et l’installation de systèmes de climatisation.

Le calendrier de l’enseignement professionnel évoluera également : le parcours différencié destiné aux élèves des lycées professionnels sera déplacé au mois de mars et réduit à deux semaines. Cela permettra de ramener la principale session du baccalauréat au mois de juin.

La maîtrise du français devient une priorité

Le gouvernement met également l’accent sur la maîtrise de la langue française et le raisonnement scientifique.

Pour les examens de 2027, des critères plus précis d’évaluation de l’orthographe et de la grammaire doivent être introduits. Les examinateurs disposeront de règles plus claires concernant le nombre de points pouvant être retirés en raison des erreurs de langue.

Dans les écoles primaires, les programmes de français et de mathématiques sont également révisés. À la fin de l’école maternelle, les enfants devront maîtriser activement environ 2 500 mots.

Un nouvel outil contre les violences à l’école

Une autre nouveauté concerne les violences sexuelles et sexistes. Un volet consacré à l’éventuelle expérience de violences sexuelles sera ajouté au questionnaire annuel sur le harcèlement scolaire.

L’enquête devrait concerner environ 10 millions d’élèves, de la maternelle aux classes terminales. Le questionnaire sera d’abord anonyme, mais l’enfant pourra laisser ses coordonnées s’il souhaite demander de l’aide à un adulte de confiance.

Pour les autorités françaises, il ne s’agit pas seulement d’obtenir des statistiques, mais aussi de détecter des situations de violence qui restent invisibles pour l’école et les familles.

Le comportement des parents peut aussi avoir des conséquences pour l’élève

L’une des nouveautés juridiques les plus controversées concerne la possibilité de changer un élève d’établissement en raison du comportement de ses parents.

Cette mesure vise les situations dans lesquelles l’un des parents perturbe gravement le fonctionnement normal de l’établissement, par exemple en menaçant des enseignants ou en provoquant des conflits qui empêchent l’école de fonctionner correctement.

Les autorités assurent toutefois que l’enfant ne sera pas sanctionné pour les actes des adultes. En cas de changement d’établissement, un accompagnement et un soutien devront lui être proposés.

De la discipline aux compétences pratiques

L’ensemble de ces changements montre la nouvelle orientation de la politique éducative française : moins de distractions numériques, davantage de connaissances fondamentales, de compétences pratiques et de protection des élèves.

La France renforce simultanément les exigences en français et en mathématiques, développe l’éducation financière, adapte le calendrier des examens et cherche à mieux lutter contre les violences et les conflits autour des établissements scolaires.

La rentrée 2026 devient ainsi bien plus qu’un simple retour en classe. Elle marque une nouvelle étape dans la transformation de l’école française face au numérique, aux risques sociaux et aux nouvelles attentes envers les jeunes.

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