L’Union européenne a adopté des sanctions individuelles contre Ksenia Fedorova, ancienne dirigeante de RT France. La décision du Conseil de l’UE, prise le 24 septembre, est liée à ses activités dans le domaine de l’influence informationnelle et à la diffusion de récits favorables à la Russie dans l’espace médiatique européen.
De RT France aux médias français
Ksenia Fedorova travaille au sein des structures de RT depuis 2005. Elle a occupé différentes fonctions de direction dans le système médiatique de la chaîne russe avant de prendre, à partir de 2017, la direction de l’information de RT France.
Selon l’UE, elle a participé durant cette période à la mise en œuvre de la ligne éditoriale de RT France et à la diffusion de messages correspondant aux positions des autorités russes. Après l’arrêt de la diffusion de RT dans l’Union européenne, Fedorova a poursuivi ses activités publiques dans le paysage médiatique français.
Le Conseil de l’UE lui reproche notamment d’avoir relayé des récits concernant la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine, l’attitude des États européens à l’égard de Kyiv, la politique de l’OTAN et les relations entre Moscou et l’Union européenne.
Bruxelles l’accuse également d’avoir diffusé des affirmations mettant en doute les informations faisant état de déportations illégales d’enfants ukrainiens.
Des sanctions inscrites dans la lutte contre l’influence hybride russe
La décision visant Ksenia Fedorova s’inscrit dans le dispositif européen destiné à lutter contre les opérations hybrides russes, notamment les manipulations de l’information et les tentatives d’ingérence.
Selon le Conseil de l’UE, l’ajout de Fedorova à la liste porte désormais à 81 le nombre de personnes et à 20 celui des entités visées par les mesures prévues dans ce régime de sanctions.
Ses avoirs sont gelés et les citoyens ainsi que les entreprises de l’UE ont interdiction de lui fournir des fonds ou des ressources économiques.
Bruxelles considère ainsi l’influence informationnelle comme l’un des volets d’un ensemble plus large d’actions hybrides russes visant les États européens. L’UE inclut notamment dans cette catégorie les manipulations de l’information, les cyberattaques, les tentatives d’ingérence dans les processus démocratiques et d’autres formes d’intervention.
La France avait déjà pris des mesures contre Fedorova
La décision européenne prolonge les mesures prises précédemment par les autorités françaises. À l’été 2026, Ksenia Fedorova s’était vu interdire l’accès au territoire français et avait fait l’objet de restrictions financières liées à des accusations de diffusion de désinformation et d’activités considérées par Paris comme déstabilisatrices.
Après l’adoption des sanctions européennes, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a déclaré que la France et l’Union européenne continueraient de lutter contre les activités considérées comme visant à déstabiliser l’espace informationnel européen.
Les sanctions visant Ksenia Fedorova illustrent ainsi l’extension des mesures restrictives européennes au domaine de l’influence informationnelle, désormais traité par Bruxelles dans le cadre plus large de la lutte contre les opérations hybrides russes.
