La Nuit du Droit revient lundi avec près de 120 juridictions ouvertes au grand public

La justice française ouvrira exceptionnellement une partie de ses coulisses au public lundi 5 octobre. La neuvième Nuit du Droit réunira près de 200 manifestations dans tout le pays. Environ 120 juridictions participeront à l’opération. Cette édition accordera également une place particulière à Robert Badinter et à l’abolition de la peine de mort.

Selon le ministère de la Justice, la Nuit du Droit proposera des visites, débats, procès fictifs et rencontres avec des professionnels. L’événement devait traditionnellement accompagner l’anniversaire de la Constitution du 4 octobre 1958. Cette année, la date tombant un dimanche, les manifestations ont été programmées le lundi 5 octobre.

Près de 120 juridictions mobilisées

Les tribunaux judiciaires et administratifs figurent parmi les principaux participants. Des universités, barreaux et autres institutions juridiques complètent la programmation.

Le public pourra rencontrer des magistrats et avocats. Des greffiers, universitaires et autres professionnels présenteront également leurs métiers. Les formats cherchent volontairement à sortir du cadre institutionnel classique. Plusieurs villes proposeront des escape games, concours d’éloquence ou reconstitutions de procès. D’autres privilégieront des expositions et ciné-débats. L’objectif consiste à rendre le droit plus accessible.

La Nuit du Droit veut rapprocher justice et citoyens

Le fonctionnement de la justice reste complexe pour une grande partie du public. Les audiences ordinaires sont généralement accessibles. Cependant, peu de citoyens connaissent réellement l’organisation quotidienne d’un tribunal.

La Nuit du Droit cherche donc à réduire cette distance. Les visiteurs peuvent découvrir les lieux mais aussi dialoguer avec les professionnels.

Cette démarche prend une importance particulière dans un contexte de débats sur la confiance dans les institutions. En outre, les organisateurs accordent depuis plusieurs éditions une attention aux jeunes. Les collégiens, lycéens et étudiants constituent ainsi un public privilégié.

Robert Badinter à l’honneur à l’Assemblée nationale

L’Assemblée nationale organisera lundi soir une manifestation particulière. Elle marquera le 45e anniversaire de la loi du 9 octobre 1981 abolissant la peine de mort.

À 19 h 30, Stéphane Guillon doit présenter une adaptation de « Robert Badinter, l’enragé de justice ». Le comédien reprendra notamment des passages liés au combat de l’ancien garde des Sceaux. Une exposition accompagnera la représentation. Le public pourra notamment découvrir des documents liés à l’histoire parlementaire de l’abolition. 

L’événement possède ainsi une forte dimension historique. Robert Badinter avait défendu le projet d’abolition devant l’Assemblée nationale en septembre 1981.

Une édition entre pédagogie et mémoire

La programmation ne se limite cependant pas à Paris. À Marseille, par exemple, plusieurs institutions juridiques organisent une soirée commune.

Le programme prévoit des procès fictifs et des échanges avec le public. Une présentation des métiers de la justice et des dessins d’audience est également annoncée.  D’autres juridictions proposeront leurs propres formats dans le reste du pays.

La Nuit du Droit constitue donc à la fois un événement pédagogique et une opération d’ouverture institutionnelle. Elle permet aux citoyens d’entrer dans des lieux qu’ils connaissent souvent uniquement à travers les médias.

L’édition 2026 ajoute une dimension mémorielle forte. Quarante-cinq ans après l’abolition, elle rappelle ainsi comment une décision juridique peut transformer durablement la société.

Défiler vers le haut