La France envisage d’interdire la vente de boissons énergisantes aux moins de 16 ans

La France pourrait instaurer de nouvelles restrictions concernant la vente de boissons énergisantes aux mineurs. Une mission parlementaire de l’Assemblée nationale, chargée d’étudier la consommation de boissons énergisantes et de boissons alcoolisées prêtes à boire chez les jeunes, propose notamment d’interdire leur vente aux moins de 16 ans.

Cette restriction concernerait également les distributeurs automatiques, où il est difficile de vérifier efficacement l’âge des acheteurs, rapporte Le Figaro.

Un marché des boissons énergisantes en forte progression

Les députés Sandrine Runel et Yannick Neuder justifient principalement ces mesures par la progression de la consommation de boissons contenant de la caféine chez les enfants et les adolescents.

Selon les données citées dans le rapport, le marché français des boissons énergisantes est passé de 184 millions d’euros en 2016 à 781 millions d’euros en 2025. Sur la seule dernière année, les ventes ont progressé de près de 15 %.

Outre les grandes marques comme Red Bull et Monster, de nouveaux produits apparaissent sur le marché, notamment Ciao Energy, lancé avec la participation de plusieurs influenceurs français populaires.

Les auteurs du rapport estiment que l’attrait de ces boissons auprès des jeunes est largement entretenu par le marketing, le design des emballages et les représentations liées à leurs effets.

Des règles spécifiques pour les boissons alcoolisées prêtes à boire

Cinq autres recommandations de la mission parlementaire concernent les boissons alcoolisées prêtes à consommer. Leur part du marché français de l’alcool reste pour l’instant limitée, autour de 0,6 %, mais les députés anticipent une progression de ce segment.

Le rapport souligne les risques que présentent ces produits pour les jeunes consommateurs, notamment lorsqu’ils associent une forte teneur en alcool à des goûts sucrés et à un marketing particulièrement attractif.

Les parlementaires proposent également d’étendre la fiscalité applicable aux prémix à l’ensemble des boissons alcoolisées pré-mélangées titrant plus de 12 %.

Des sanctions renforcées contre la vente d’alcool aux mineurs

Les députés jugent également insuffisants les contrôles actuels concernant la vente d’alcool aux mineurs. Parmi les mesures envisagées figure un renforcement des contrôles ainsi qu’une augmentation de l’amende maximale, qui pourrait atteindre 50 000 euros.

Une autre recommandation concerne la publicité pour l’alcool sur internet. Les auteurs du rapport estiment que les dispositions actuelles de la loi Évin doivent être adaptées aux réseaux sociaux et aux autres plateformes numériques.

Ils proposent notamment de limiter la promotion des boissons alcoolisées en ligne et de rendre obligatoire l’affichage d’un avertissement sanitaire sur tous les contenants de boissons titrant plus de 18 % d’alcool.

Des mesures qui pourraient être intégrées prochainement à la législation

Les auteurs du rapport souhaitent défendre leurs recommandations par le biais d’amendements au projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027. Un projet de loi distinct consacré à la prévention de l’exposition des mineurs et des jeunes aux boissons énergisantes et alcoolisées est également en préparation.

Le Parlement français envisage ainsi non pas une seule interdiction, mais un ensemble plus large de mesures. L’objectif est à la fois de limiter l’accès des adolescents aux boissons énergisantes, de freiner le développement des produits alcoolisés ciblant les jeunes et de renforcer les contrôles sur leur vente et leur publicité.

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