Manifestations en France : près de 6 900 personnes placées en garde à vue, dont une majorité de mineurs

Les manifestations étudiantes en France s’accompagnent de nombreuses interpellations et de nouvelles enquêtes sur les interventions des forces de l’ordre. Selon le ministère de la Justice, 6 877 personnes avaient été placées en garde à vue jeudi à 17 heures, dont 86 % de mineurs.

Des poursuites pénales ont été engagées à ce stade contre 2 376 personnes, parmi lesquelles 1 923 mineurs, rapporte France info. Ces chiffres continuent d’augmenter alors que la mobilisation touche les établissements scolaires et les rues de plusieurs villes françaises.

La grande majorité des lycées reste ouverte

Malgré le blocage de certains établissements, les perturbations du fonctionnement des lycées restent limitées à l’échelle nationale. Selon le ministère de l’Éducation nationale, près de 140 lycées étaient fermés vendredi, soit moins de 4 % du total.

Plus de 96 % des quelque 3 700 lycées continuaient donc d’accueillir les élèves. Cette proportion est pratiquement identique à celle enregistrée la veille.

Les actions et les blocages ont repris dès les premières heures de la matinée. Une mobilisation a notamment été observée à l’université Paris-Panthéon-Assas.

Une nouvelle enquête ouverte après la diffusion d’une vidéo

L’intervention de la police lors d’une manifestation de lycéens organisée jeudi sur la place de la Bastille, à Paris, a suscité une attention particulière. Après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo montrant, semble-t-il, un policier frapper un manifestant avec le genou, le parquet de Paris a confié une nouvelle enquête à l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN).

Les syndicats ont également critiqué les méthodes employées par les forces de l’ordre. La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, a appelé à un réexamen approfondi des pratiques policières et remis en question l’ampleur des interpellations.

Elle s’est aussi inquiétée de l’utilisation de grenades assourdissantes et de désencerclement, évoquant notamment le cas d’un adolescent de 15 ans qui a perdu une main. Ses déclarations ont relancé le débat sur la proportionnalité de la réponse policière lors des rassemblements.

Le gouvernement annonce un renfort de personnel dans l’éducation

Parallèlement, les autorités ont annoncé de nouvelles mesures concernant les effectifs de l’Éducation nationale. Lors d’un déplacement à Cachan, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a indiqué que 3 000 enseignants remplaçants devraient prochainement prendre leurs fonctions.

Selon le ministre, les personnels concernés sont déjà contactés. Cette annonce constitue l’une des mesures concrètes présentées par le gouvernement alors que la mobilisation des élèves s’inscrit dans un mécontentement plus large au sein du secteur éducatif.

Les syndicats préparent une nouvelle journée de mobilisation

Le mouvement de contestation ne montre aucun signe d’essoufflement. Les syndicats étudiants et professionnels ont appelé à une nouvelle journée de mobilisation et de grève mardi 13 octobre.

Sabrin Harbah, représentante d’une organisation étudiante, a déclaré que les actions se poursuivraient tant que les participants n’obtiendraient pas des décisions budgétaires concrètes à hauteur de 10 milliards d’euros.

Les estimations concernant la participation à la manifestation de jeudi varient sensiblement. La CGT a fait état de plus de 130 000 participants dans toute la France, tandis que le ministère de l’Intérieur en a comptabilisé 71 500, dont 24 500 à Paris.

La situation évolue donc sur plusieurs fronts : le nombre de personnes placées en garde à vue augmente, les interventions policières font l’objet d’un examen accru et les syndicats préparent de nouvelles actions. La suite du mouvement dépendra notamment de la capacité du gouvernement à proposer des mesures susceptibles d’apaiser les tensions parmi les étudiants, les lycéens et les personnels de l’éducation.

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