54 % des Français approuvent le mouvement de protestation. Une majorité souhaite des classes moins chargées et la rénovation des établissements, mais pas nécessairement la suppression de Parcoursup, rapporte Le Figaro.
Les manifestations des lycéens français bénéficient du soutien d’une majorité de la population, même si les revendications précises des élèves suscitent des réactions plus contrastées. Selon un sondage Ipsos-BVA Cesi réalisé pour La Tribune Dimanche, 54 % des Français portent un regard favorable sur le mouvement de protestation.
Le niveau de soutien varie en fonction de l’âge et des opinions politiques des personnes interrogées. Parmi les moins de 35 ans, 62 % approuvent le mouvement, contre 43 % chez les personnes âgées de 60 ans et plus. Les taux les plus élevés sont enregistrés parmi les sympathisants de La France insoumise et des Écologistes, avec plus de 90 % de soutien.
Des classes moins chargées et des écoles rénovées font consensus
Les revendications les plus populaires concernent directement les conditions d’apprentissage. 82 % des personnes interrogées sont favorables à une limitation du nombre d’élèves par classe, tandis que 79 % souhaitent la rénovation des bâtiments scolaires.
En revanche, les propositions visant à réduire le nombre d’heures de cours et à supprimer Parcoursup recueillent un soutien nettement moins important. La réduction du volume horaire des enseignements est approuvée par 34 % des répondants, tandis que 48 % se prononcent en faveur de la suppression de Parcoursup, la plateforme nationale d’accès à l’enseignement supérieur.
L’opinion publique apparaît donc largement favorable à l’amélioration des infrastructures et des conditions d’enseignement, mais elle est moins unanime lorsqu’il s’agit de modifier les programmes scolaires ou les règles d’admission dans les établissements d’enseignement supérieur.
Le rejet des violences dépend aussi de leurs auteurs
Le sondage met également en évidence des différences dans la perception des violences commises pendant les manifestations. 79 % des Français jugent inacceptables les violences exercées par des élèves contre des personnels de l’Éducation nationale ou des institutions publiques.
Par ailleurs, parmi les répondants qui condamnent les violences commises par certains policiers contre des lycéens, 47 % portent également un regard négatif sur les agissements des manifestants.
Ces résultats illustrent la complexité de la perception du conflit : soutenir les revendications des élèves ne signifie pas approuver toutes les formes de protestation, tandis que la critique des interventions policières peut influencer le jugement porté sur le comportement des deux parties.
Les Français demandent au gouvernement de privilégier le dialogue
Interrogés sur la réponse que devraient apporter les autorités, 69 % des sondés estiment que le gouvernement doit avant tout dialoguer avec les lycéens et rechercher des solutions à leurs revendications. Les 31 % restants considèrent que la priorité doit être de mettre fin aux manifestations afin de faire cesser les violences et les dégradations.
Une majorité ne s’attend pas non plus à une résolution rapide du conflit : 59 % des personnes interrogées prévoient que le mouvement se poursuivra. Une nouvelle journée de mobilisation est prévue mardi.
Le sondage a été réalisé les 7 et 8 octobre auprès de 1 000 résidents majeurs en France. L’échantillon a été constitué selon la méthode des quotas et la marge d’erreur annoncée varie de 0,6 à 3,1 points de pourcentage.
Les résultats montrent que les Français sont globalement favorables aux mesures visant à améliorer les infrastructures scolaires et les conditions d’apprentissage. Ils attendent toutefois des autorités qu’elles ne se limitent pas au rétablissement de l’ordre, mais engagent également des discussions avec les jeunes. La capacité du gouvernement à répondre aux revendications les plus largement soutenues pourrait ainsi jouer un rôle déterminant dans l’évolution du mouvement avant une nouvelle vague de manifestations.
