À Athènes et à Thessalonique, des manifestations dénoncent la cherté de la vie et le manque de financement des écoles et des universités. Des enseignants et des fonctionnaires se sont joints aux étudiants pour réclamer des hausses de salaires et un soutien accru de l’État.
En Grèce, le mécontentement social dépasse désormais les campus universitaires, rapporte Le Parisien. Le 21 octobre, des jeunes, des professionnels de l’éducation et des employés du secteur public se mobilisent dans la capitale et à Thessalonique pour attirer l’attention des autorités sur les difficultés qui pèsent directement sur leurs conditions de vie.
Le prix des loyers figure parmi les principales causes de la contestation. Pour les étudiants, les dépenses liées au logement, auxquelles s’ajoutent les frais associés aux études, représentent une charge financière considérable. À la veille des manifestations, des jeunes ont installé des tentes sur la place Syntagma, devant le Parlement à Athènes, ainsi que dans une rue piétonne de Thessalonique.
Les étudiants prévoient de poursuivre leur mobilisation
Les organisations étudiantes inscrivent leurs revendications dans la défense de l’accès à l’enseignement public. Katia Koubousidou, qui dirige l’association des étudiants en philosophie et en pédagogie de l’Université Aristote de Thessalonique, a souligné que les jeunes Grecs et Français partageaient notamment la revendication d’un enseignement gratuit.
Elle a également laissé entendre que la mobilisation actuelle pourrait se prolonger. Selon la responsable étudiante, les participants ont déjà élaboré un programme pour de prochaines actions de protestation.
La Confédération des fonctionnaires Adedy a apporté son soutien aux manifestants. Elle a appelé les agents publics à cesser le travail à partir de 11 heures, heure locale, et à participer à un rassemblement à Athènes. Parmi ses revendications figurent une révision des salaires et une augmentation des aides destinées aux enseignants.
Le système éducatif confronté à une pénurie de personnel
Les conditions de travail dans les établissements scolaires constituent un autre axe majeur de la contestation. Élèves et enseignants dénoncent des infrastructures insuffisantes, le manque de personnel et la nécessité d’accroître les investissements publics dans l’éducation.
Le syndicat des enseignants du secondaire Olme estime que le pays manque d’environ 15 000 enseignants. Parallèlement, les dépenses consacrées à l’éducation restent inférieures à la moyenne européenne. Selon Eurostat, elles représentaient 3,3 % du PIB grec en 2023, contre 4,7 % dans l’Union européenne.
Les difficultés financières sont également aggravées par le niveau des revenus. Malgré les augmentations du salaire minimum intervenues après la crise économique, celui-ci ne dépasserait pas 920 euros nets par mois, selon les données citées.
Le gouvernement veut éviter un retour à l’instabilité sociale
Les manifestations grecques interviennent alors que la contestation gagne également la France. À Thessalonique, les participants reprennent des slogans de solidarité avec la jeunesse française et mettent en avant des préoccupations communes : le coût de la vie et l’accès à l’éducation.
Le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, cherche toutefois à distinguer la situation actuelle de celle de la crise financière, lorsque les mesures d’austérité avaient provoqué une profonde colère sociale. Il a déclaré que le pays ne devait pas revenir à cette période de turbulences.
Les manifestants réclament désormais des mesures concrètes : alléger la charge financière qui pèse sur les étudiants, améliorer les conditions de travail et doter les établissements scolaires des ressources nécessaires. La volonté des organisations étudiantes de poursuivre les mobilisations laisse penser que le débat sur les dépenses sociales en Grèce ne s’achèvera pas avec cette seule journée de manifestations.
