La Fédération française du sport automobile risque de perdre son agrément en raison d’irrégularités et d’une crise interne

Le ministère français des Sports a engagé une procédure susceptible d’aboutir au retrait de l’agrément de la Fédération française du sport automobile (FFSA), rapporte Le Figaro. Cette démarche fait suite aux conclusions d’une inspection, à des soupçons de conflits d’intérêts, à des problèmes de gouvernance et à de fortes tensions au sein de l’organisation.

La ministre française des Sports, Marina Ferrari, a annoncé le lancement de cette procédure après avoir reçu, en septembre, les résultats d’une inspection générale consacrée au fonctionnement de la fédération. Selon elle, les éléments relevés indiquent que les pratiques de la FFSA ne sont pas conformes aux exigences du droit du sport, notamment aux règles encadrant le fonctionnement démocratique des instances dirigeantes.

À la prochaine étape, la fédération disposera de quinze jours pour prendre connaissance des griefs formulés à son encontre, fournir des explications et présenter ses observations. Aucune décision définitive concernant son agrément n’a encore été prise.

Des interrogations sur la gouvernance et de possibles conflits d’intérêts

Selon le ministère, l’inspection a mis en évidence plusieurs dysfonctionnements au sein de l’organisation. Parmi les problèmes relevés figurent la non-conformité des statuts aux exigences applicables ainsi qu’un climat interne difficile, marqué, selon Marina Ferrari, par d’importantes difficultés pour le personnel.

La ministre a également fait état de soupçons de possibles conflits d’intérêts. Le 4 mars, un signalement portant sur ces questions avait déjà été transmis au parquet de Paris sur le fondement de l’article 40 du Code de procédure pénale.

Le fonctionnement de la fédération avait déjà suscité des interrogations. Marina Ferrari avait notamment attiré l’attention sur les modalités d’attribution des subventions, dont la conformité aux règles en vigueur soulevait de sérieuses questions.

Le changement de direction n’a pas mis fin au conflit

La crise au sein de la FFSA s’est aggravée au printemps 2026, sur fond de rivalités entre les dirigeants de l’organisation. En mars, Pierre Gosselin, qui présidait la fédération depuis la fin de l’année 2024, a été écarté de ses fonctions. En réaction, il a déposé une plainte pénale contre ses prédécesseurs, dénonçant des pratiques de gestion suspectes et un manque de transparence dans les procédures internes.

Ses adversaires ont riposté par des accusations réciproques, notamment d’abus de confiance, de détournement et de diffamation.

Le 23 avril, le pilote automobile et entrepreneur Pierre Ragès a été élu à la présidence de la fédération, battant Pierre Gosselin. Ce changement à la tête de l’organisation n’a toutefois pas permis de résoudre les différends, et la lutte pour le contrôle de la gouvernance s’est poursuivie.

Pourquoi l’agrément est-il important ?

La FFSA coordonne et développe différentes disciplines du sport automobile en France, du rallye aux courses sur circuit, en passant par le karting et les compétitions tout-terrain. Elle encadre et organise ces disciplines et rassemble, selon les chiffres cités, entre 60 000 et 70 000 membres.

Un éventuel retrait de son agrément représenterait un risque institutionnel majeur pour la fédération. À ce stade, le ministère lui demande de répondre aux irrégularités relevées. La suite de la procédure dépendra de l’examen des explications fournies et de l’appréciation des arguments présentés par l’organisation.

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