La France insoumise (LFI) demande à l’Assemblée nationale de se prononcer sur l’avenir de Parcoursup, la plateforme d’admission dans l’enseignement supérieur. Cette initiative intervient après l’annonce par le gouvernement d’un plan destiné à répondre à la crise étudiante, dont le coût total pourrait atteindre 5 à 6 milliards d’euros, rapporte Le Figaro.
La contestation de Parcoursup s’inscrit dans un mouvement de protestation de la jeunesse qui agite la France depuis un mois. Le gouvernement prévoit de revoir le fonctionnement de la plateforme en 2027, avant de la remplacer à terme. Ces engagements ne satisfont toutefois pas LFI, qui réclame l’abandon immédiat du dispositif actuel.
Clémence Guetté, députée de LFI et vice-présidente de l’Assemblée nationale, estime qu’un simple débat parlementaire ne suffira pas à trancher la question. Elle demande que les députés soient appelés à voter explicitement sur le maintien ou la suppression de Parcoursup. Le chef de file du mouvement, Jean-Luc Mélenchon, avait lui aussi vivement critiqué le système d’admission dans l’enseignement supérieur.
Un plan gouvernemental de plusieurs milliards d’euros
Pour répondre aux difficultés rencontrées par les jeunes, l’exécutif prévoit de créer 15 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur et de consacrer 4 milliards d’euros à la rénovation des bâtiments éducatifs.
Le programme comprend également une limitation des effectifs à dix élèves dans 28 classes jusqu’à la classe de seconde. La mise en œuvre de cette mesure nécessiterait la création de 500 postes d’enseignants.
Le gouvernement s’est par ailleurs engagé à revaloriser les bourses étudiantes en fonction de l’inflation. Cette décision entraînerait plus de 100 millions d’euros de dépenses budgétaires supplémentaires, selon les estimations avancées.
Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, évalue le coût global des mesures annoncées entre 5 et 6 milliards d’euros. Pour LFI, ces investissements restent insuffisants pour résoudre les difficultés d’accès à l’enseignement supérieur.
L’opposition réclame davantage de places à l’université
LFI demande la création de 150 000 places supplémentaires dans les établissements d’enseignement supérieur. Les organisations étudiantes vont plus loin et réclament 250 000 places.
Clémence Guetté reproche également au gouvernement de ne pas associer suffisamment les étudiants aux décisions qui les concernent. Elle dénonce aussi, selon ses termes, les mesures répressives prises à l’encontre des participants au mouvement de protestation.
Le désaccord autour de Parcoursup dépasse ainsi la question du fonctionnement d’une plateforme d’admission. Pour le gouvernement, sa transformation s’inscrit dans un ensemble plus large de mesures consacrées à l’éducation et aux conditions d’études. LFI, de son côté, réclame une rupture immédiate avec le système actuel et veut contraindre les députés à se prononcer sur son maintien.
