Législatives en Israël : les partis arabes progressent fortement et compliquent la formation du prochain gouvernement

Les élections législatives organisées mardi 27 octobre en Israël n’ont pas permis de dégager une majorité parlementaire claire. Au lendemain du scrutin, Benyamin Nétanyahou conserve l’avantage avec son parti, le Likoud, mais ses alliés ne disposent pas des sièges nécessaires pour gouverner. L’opposition dirigée par Gadi Eisenkot se retrouve également dans une situation difficile, tandis que les formations arabes enregistrent une progression importante.

Selon l’AFP, les premières estimations attribuent environ 51 sièges à chacun des deux principaux blocs politiques. Aucun n’atteint donc les 61 députés nécessaires pour obtenir la majorité absolue à la Knesset, qui compte 120 membres. Ces projections restent provisoires et pourraient évoluer avec la poursuite du dépouillement.

Le scrutin a mobilisé massivement les électeurs israéliens. La participation a dépassé 77 %, contre 70,6 % lors des précédentes élections de 2022. Cette mobilisation intervient dans un contexte marqué par les conséquences de l’attaque du 7 octobre 2023, les conflits régionaux et les divisions internes sur la politique du gouvernement sortant.

Élections en Israël, les partis arabes deviennent incontournables

D’après Associated Press, le Likoud conserve sa position de premier parti dans les résultats partiels. Avec environ la moitié des suffrages dépouillés mercredi matin, il recueillait 20,6 % des voix, contre 16,8 % pour Yashar, la formation de Gadi Eisenkot. Cette avance ne garantit pourtant pas à Benyamin Nétanyahou la possibilité de constituer une coalition.

La progression des partis représentant principalement les citoyens arabes israéliens constitue l’un des principaux enseignements du scrutin. Leurs listes pourraient obtenir entre 17 et 18 sièges, soit une représentation nettement supérieure à celle de 2022. Leur poids parlementaire pourrait devenir décisif dans les négociations.

Cette situation place l’opposition devant un choix délicat. Plusieurs de ses dirigeants refusent de participer à un gouvernement dépendant des formations arabes. Un soutien extérieur, sans participation ministérielle, pourrait néanmoins permettre à un cabinet minoritaire de fonctionner.

Gadi Eisenkot, ancien chef d’état-major de l’armée israélienne, souhaite remplacer le gouvernement sortant. Ses partenaires potentiels défendent toutefois des positions différentes sur la sécurité, la conscription militaire et les alliances parlementaires. Ces divergences compliquent la recherche d’un accord.

Une formation du gouvernement qui pourrait prendre plusieurs semaines

Selon TV5MONDE, le président Isaac Herzog devra désigner, après la publication des résultats officiels, le responsable politique jugé le plus capable de former une coalition. Cette mission ne revient pas automatiquement au dirigeant du parti arrivé en tête.

Les discussions pourraient s’étendre sur plusieurs semaines. Les partis devront négocier un programme commun et la répartition des responsabilités gouvernementales. Si aucune coalition viable n’émerge, la perspective de nouvelles élections ne pourra être écartée.

Un gouvernement d’union nationale constitue une autre possibilité. Il supposerait un rapprochement entre des formations aujourd’hui opposées, notamment autour du Likoud et de certains partis du centre ou de la droite. Les déclarations de plusieurs responsables montrent néanmoins que cette option rencontre de fortes résistances.

L’incertitude politique intervient également dans un contexte de tensions persistantes avec l’Iran. Les décisions relatives à la sécurité nationale et aux relations avec les États-Unis restent au cœur des préoccupations des dirigeants israéliens.

En attendant la formation d’un nouvel exécutif, Benyamin Nétanyahou demeure à la tête du gouvernement sortant. Les résultats définitifs et les consultations présidentielles détermineront les prochaines étapes. La nouvelle composition de la Knesset pourrait imposer des compromis difficiles à des partis profondément divisés.

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