À Lyon, samedi 21 février, l’extrême droite a organisé une marche en hommage à Quentin Deranque, militant radical de 23 ans mort après des affrontements violents avec des adversaires politiques.
Près de 3 200 personnes ont défilé pour dénoncer ce qu’elles qualifient d’« extrême gauche qui lynche ». Les organisateurs ont imposé des règles strictes : interdiction de drapeaux partisans, de signes distinctifs et d’insultes. Cette contrainte visait à empêcher les débordements et à présenter le rassemblement comme respectueux et pacifique.
Selon Le Monde, la préfecture a toutefois signalé des « saluts nazis » et des insultes racistes et homophobes, entraînant une saisine judiciaire. Un des organisateurs a résumé l’ambiance en déclarant :
« C’est nous les gentils ».
La mobilisation se déroulait à la mémoire de Deranque, décédé une semaine plus tôt des suites d’une agression survenue après des affrontements entre militants d’extrême droite et d’extrême gauche.
La marche a commencé dans le 7ᵉ arrondissement, non loin du lieu où Deranque avait été frappé quelques jours plus tôt.
Aliette Espieux, l’une des organisatrices, a déconseillé à quiconque ne souhaitant pas simplement rendre hommage de participer. Alice Cordier, membre du groupe féminationaliste Némésis, a accusé « l’extrême gauche qui lynche » et l’a qualifiée de « mafia ». Dans la foule, on voyait des autocollants à l’effigie de Quentin Deranque. Certains participants, venus parfois de loin, ont exprimé des motifs plus personnels ou idéologiques, mêlant foi, peur des « islamistes » ou soutien à diverses causes.
La marche a mis en lumière les tensions politiques profondes en France, où la mort d’un jeune militant est exploitée par des mouvements extrémistes pour alimenter un récit de victimisation.
L’événement a aussi soulevé des questions sur la place de l’extrême droite dans l’espace public et la capacité des autorités à prévenir les provocations tout en protégeant la liberté de manifester.
