À quelques semaines des Jeux paralympiques d’hiver 2026 à Milan-Cortina, une controverse explosive secoue le monde du sport. Le Comité international paralympique (IPC) a décidé de réintégrer la Russie et la Biélorussie, autorisant leurs athlètes à participer sous leurs drapeaux nationaux. Cette décision survient alors que la guerre de la Russie contre l’Ukraine se poursuit, et elle suscite une profonde indignation.
L’Ukraine a immédiatement réagi. Les autorités sportives et politiques ukrainiennes jugent cette décision incompatible avec les valeurs du mouvement paralympique. Selon BFM, elles estiment que autoriser les symboles nationaux d’un pays agresseur aux Jeux revient à normaliser sa politique de guerre.
« C’est inacceptable que les drapeaux de régimes responsables d’une guerre brutale flottent dans un lieu qui est censé célébrer la paix et la solidarité. »
— Matvii Bidnyi, ministre ukrainien des Sports.
Face à cette décision, l’Ukraine a fait un geste fort : aucun officiel ukrainien n’assistera à la cérémonie d’ouverture, prévue le 6 mars 2026, et ne participera à aucun événement protocolaire des Jeux. Cependant, les athlètes ukrainiens continueront de concourir, déterminés à défendre leurs performances sur le terrain.
Un soutien international qui s’élargit
Cette protestation ne reste pas isolée. Au contraire, elle trouve un écho croissant en Europe.
La Commission européenne, par la voix du commissaire européen chargé du sport, a annoncé qu’elle n’assistera pas à la cérémonie d’ouverture. Bruxelles estime que la présence des drapeaux russe et biélorusse contredit les valeurs fondamentales que le mouvement paralympique prétend défendre. La Pologne a confirmé que ses représentants gouvernementaux boycotteront également la cérémonie. Varsovie considère que permettre aux symboles d’un État agresseur de défiler dans un événement mondial envoie un signal politique dangereux.
L’Estonie a adopté une position similaire. Les autorités estoniennes ont annoncé qu’elles ne participeront pas aux événements officiels et ont même évoqué la possibilité de limiter la diffusion nationale de certaines compétitions. En Italie, pays hôte des Jeux, plusieurs responsables politiques ont exprimé leur malaise. Des voix au sein du gouvernement ont parlé d’« opposition ferme » à la présence des drapeaux russe et biélorusse, estimant que cela risque d’assombrir l’image de l’événement.
Le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy a, pour sa part, dénoncé une décision « injuste » et « moralement problématique », appelant les partenaires européens à défendre une position cohérente face à l’agression russe.
Une ligne rouge morale
Pour Kyiv et ses soutiens, la question dépasse le cadre du sport. Les Jeux paralympiques incarnent la dignité humaine, la résilience et la solidarité internationale. Autoriser la représentation officielle d’un pays engagé dans une guerre active brouille ce message.
Les autorités ukrainiennes rappellent que le sport ne peut pas devenir un espace neutre lorsque des principes fondamentaux sont en jeu. Elles soulignent que la neutralité institutionnelle ne doit pas se transformer en indifférence morale.
