La justice française refuse le blocage temporaire de Shein, mais renforce le contrôle de l’âge

Le tribunal de Paris a jugé disproportionnée la proposition du gouvernement visant à suspendre temporairement l’activité de la plateforme en ligne Shein. Cette mesure avait été envisagée à cause de la vente de poupées sexuelles à apparence infantile.

Cependant, le tribunal a insisté pour que l’entreprise mette en place des mécanismes efficaces de vérification de l’âge pour les produits à caractère sexuel. Selon Reuters, chaque manquement pourrait entraîner une amende de 10 000 euros.

Le gouvernement français a déjà annoncé son intention de faire appel, qualifiant le modèle économique de Shein de « systématiquement risqué ». De leur côté, les représentants de Shein se déclarent prêts à coopérer avec les régulateurs et à améliorer les procédures de contrôle, en insistant sur la protection des consommateurs et le respect de la législation locale.

Contexte et conséquences

Le scandale a éclaté après une inspection de la DGCCRF, qui a découvert sur la plateforme des produits interdits, incluant des armes et des poupées sexuelles d’apparence enfantine. Le mois dernier, Shein a temporairement suspendu la vente de ces produits dans le monde entier. Les autres articles de vêtements et accessoires n’étaient pas concernés, permettant à la plateforme de poursuivre ses activités et même d’ouvrir son premier magasin physique à Paris (BHV).

Le tribunal a précisé que la simple déclaration de l’utilisateur sur son âge ne suffit pas. La plateforme doit implémenter des outils réels pour limiter l’accès des mineurs aux produits à caractère sexuel, y compris le contenu pornographique. Selon la justice, Shein a rapidement retiré les produits problématiques et aucune absence systématique de contrôle n’a été prouvée.

Pourtant, des activistes pour les droits des enfants, notamment Christine Serrada de l’organisation L’Enfance au Cœur, jugent la décision trop clémente et soulignent la complexité technique de la mise en œuvre du contrôle de l’âge.

Cadre réglementaire plus large

De tels manquements ont également été constatés sur d’autres marketplaces — AliExpress, Amazon, eBay, Joom et Temu — mais celles-ci n’ont pas subi de mesures temporaires aussi strictes. Les avocats de Shein ont, lors des audiences, dénoncé un traitement discriminatoire et une pression médiatique sur l’entreprise.

La France a également appelé la Commission européenne à enquêter sur Shein dans le cadre de la législation sur les plateformes en ligne. À ce jour, la Commission s’est limitée à demander des informations complémentaires, sans ouvrir de procédure formelle.

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