Le tribunal de Paris condamne le groupe Lafarge et huit anciens dirigeants pour financement du terrorisme en Syrie. La décision marque une première historique : la justice française condamne une entreprise du CAC 40 pour de tels faits.
Selon Les Échos, entre 2013 et 2014, le groupe verse environ 5,6 millions d’euros à plusieurs organisations armées, dont l’État islamique, afin de maintenir l’activité de son usine à Jalabiya.
Une logique économique assumée malgré la guerre
Les juges établissent un constat clair. Lafarge privilégie ses intérêts économiques. L’entreprise accepte de payer des groupes terroristes pour sécuriser ses opérations.
Le tribunal rejette la défense fondée sur le « racket ». Les échanges internes montrent des décisions conscientes et structurées.
Les magistrats décrivent même une forme de « partenariat commercial » avec ces groupes. Ils estiment que ces financements contribuent indirectement à des violences et attentats.
Des peines lourdes et un signal fort
L’ancien PDG Bruno Lafont écope de six ans de prison ferme. D’autres dirigeants reçoivent des peines allant jusqu’à sept ans.
La société elle-même paie une amende maximale de 1,125 million d’euros, ainsi que plusieurs millions d’euros de pénalités douanières.
Une affaire emblématique du capitalisme sous pression
Ce procès dépasse le cas Lafarge. Il pose une question centrale : jusqu’où une entreprise peut-elle aller pour protéger ses intérêts dans une zone de guerre ?
L’affaire débute en 2016, après des plaintes d’ONG et d’anciens salariés. Dix ans plus tard, la justice établit une responsabilité pénale claire.
Une décision qui fera jurisprudence
La condamnation change les règles du jeu. Elle ouvre la voie à une responsabilité accrue des multinationales dans les zones de conflit.
