Plus de 170 personnalités du cinéma français ont lancé une alerte le 14 octobre 2026 contre le projet de budget 2027. Parmi elles figurent Jacques Audiard, Justine Triet et Costa-Gavras. Les signataires redoutent une réduction majeure des investissements dans la création cinématographique au cours des prochaines années.
Selon Euronews, les professionnels contestent notamment la hausse envisagée de la TVA sur les abonnements à Canal+. Le collectif estime que les changements fiscaux pourraient entraîner une perte de 750 millions d’euros entre 2028 et 2032. Toutefois, ces chiffres correspondent à une projection des signataires, et non à des pertes déjà constatées.
Pourquoi le budget 2027 inquiète le cinéma français
Le projet budgétaire prévoit de modifier la fiscalité applicable à certaines offres de télévision payante.
Le taux de TVA concernant Canal+ pourrait ainsi passer de 10 % à 20 %. Cette évolution modifierait les conditions économiques du groupe audiovisuel. Or, Canal+ occupe une place importante dans le financement du cinéma français. Ses investissements contribuent notamment à la production de longs métrages. Les cinéastes craignent donc une diminution des ressources disponibles pour les producteurs. Par ailleurs, ils soulignent les conséquences possibles sur les engagements financiers négociés entre les professionnels.
Le risque de 400 films non produits en cinq ans
Les signataires évaluent les conséquences potentielles à environ 400 films sur cinq ans. Cette estimation représente une moyenne de 80 productions par an. Elle repose sur leurs projections concernant les investissements futurs. Cependant, ce scénario dépend des décisions fiscales définitives et de leurs effets sur les accords de financement.
Le chiffre ne signifie donc pas que 400 projets ont déjà été annulés. Les réalisateurs souhaitent surtout attirer l’attention des parlementaires sur les conséquences possibles des arbitrages budgétaires.
La réduction des financements pourrait toucher différents types de productions. Les films indépendants et les projets disposant de budgets limités pourraient notamment rencontrer davantage de difficultés.
France Télévisions et le CNC également concernés
Les inquiétudes ne concernent pas uniquement Canal+.
Le projet de budget prévoit également une réduction de 47 millions d’euros des moyens de France Télévisions en 2027. Le groupe public participe au financement de la création audiovisuelle et cinématographique. Une diminution de ses ressources pourrait donc peser sur certains investissements. Par ailleurs, les professionnels souhaitent préserver les moyens du Centre national du cinéma et de l’image animée.
Le CNC joue un rôle central dans le modèle français de soutien à la création. Il accompagne notamment la production, la distribution et la diffusion des œuvres. Les signataires redoutent qu’une réduction de ses ressources fragilise cet équilibre.
Un modèle de financement particulier
Le cinéma français repose sur plusieurs sources de financement. Les chaînes de télévision, les plateformes, les producteurs et les dispositifs publics participent à cet écosystème. Ce fonctionnement vise notamment à maintenir une diversité de productions. Il permet également de soutenir des films dont les perspectives commerciales restent incertaines.
Cependant, ce modèle dépend des ressources disponibles et des obligations d’investissement. Une modification fiscale peut donc entraîner des conséquences au-delà des entreprises directement concernées.
Les professionnels évoquent aussi les risques pour l’emploi dans les métiers techniques et artistiques.
Quelles décisions attendent les professionnels ?
Le projet de budget doit encore être examiné et débattu au Parlement.
Les réalisateurs demandent le maintien d’une fiscalité favorable aux investissements dans le cinéma. Ils souhaitent également préserver les ressources de l’audiovisuel public et du CNC. En outre, le collectif plaide pour une réflexion législative plus large sur l’avenir du secteur.
Les discussions concernent notamment les relations avec les plateformes et les effets de l’intelligence artificielle.
Le débat budgétaire dépasse ainsi la seule question fiscale. Il engage l’avenir du financement de la création et de la diversité cinématographique.
