Energies fossiles : le Haut Conseil alerte sur le retard français

Le Haut Conseil pour le climat appelle la France à accélérer sa sortie des énergies fossiles. Dans un avis publié le 12 mars, l’instance indépendante examine la troisième stratégie nationale bas-carbone. Ce document doit guider l’action climatique du pays jusqu’en 2050. Il touche les transports, le logement, l’alimentation, l’industrie et l’agriculture. Le HCC reconnaît des avancées, mais il doute encore de la crédibilité de la mise en œuvre. 

Des objectifs élevés, des moyens incertains

D’après Le Monde, la trajectoire française vise les engagements européens : moins 55 % d’émissions de gaz à effet de serre en 2030 et moins 90 % en 2040, par rapport à 1990. Le projet prévoit une centaine d’actions. Il fixe, par exemple, deux tiers de ventes de voitures électriques en 2030, 21 % de grandes cultures en bio et 250 000 rénovations importantes de logements chaque année. Mais le Haut Conseil souligne plusieurs faiblesses. Les puits de carbone naturels déclinent. Les forêts absorbent moins de CO₂ à cause des sécheresses, des incendies, des maladies et de certaines coupes. 

La baisse des émissions ralentit

Le principal problème reste le rythme. Les émissions françaises ont baissé de seulement 1,8 % en 2024 et en 2025. Or la France doit désormais atteindre environ 4,5 % de baisse par an pour tenir sa trajectoire. Le HCC réclame donc un calendrier plus clair pour arrêter l’usage du charbon, du pétrole et du gaz. Le projet actuel prévoit la fin du charbon en 2030, du pétrole entre 2040 et 2045, puis du gaz vers 2050. 

Sobriété, investissements et choix politiques

Le Haut Conseil insiste aussi sur la sobriété. Il recommande de stabiliser le transport aérien, de réduire la consommation de produits animaux et de protéger les puits de carbone. Il demande également de supprimer progressivement les subventions aux énergies fossiles, estimées à 13 milliards d’euros par an. Pour lui, la transition climatique ne relève pas seulement de l’écologie. Elle concerne aussi la souveraineté énergétique, le pouvoir d’achat et la sécurité du pays. 

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