À partir du 1er novembre 2026, l’Union européenne appliquera de nouveaux frais de traitement aux colis provenant de pays extérieurs à l’UE. Fixés à 2 euros par catégorie de marchandises, ils s’ajouteront aux droits de douane déjà instaurés en juillet. Cette mesure pourrait entraîner une hausse des prix sur certaines plateformes de commerce en ligne, notamment Shein, Temu et AliExpress.
Selon Le Figaro, dans un article publié le 26 octobre 2026, cette nouvelle contribution vise à financer le renforcement des contrôles douaniers. Elle concerne les marchandises achetées à distance et importées dans l’Union européenne, quelle que soit leur valeur. Les vendeurs et les plateformes devront prendre en charge ces frais.
Colis importés, comment seront calculés les nouveaux frais ?
Le montant de 2 euros ne sera pas nécessairement appliqué une seule fois par commande. Il sera calculé selon les différentes catégories de marchandises présentes dans un même colis, conformément à leur classification douanière.
Par exemple, un paquet contenant plusieurs tee-shirts appartenant à une même catégorie entraînera des frais de traitement de 2 euros. En revanche, un colis comprenant des vêtements, des écouteurs et des jouets relevant de trois catégories différentes pourra générer 6 euros de frais.
Ces montants s’ajoutent au droit de douane forfaitaire de 3 euros entré en vigueur le 1er juillet 2026. Celui-ci concerne les marchandises importées dans des colis d’une valeur inférieure ou égale à 150 euros.
D’après le site officiel Service-Public, le droit de douane est également calculé par catégorie de produits. Une commande de faible valeur contenant plusieurs types d’articles peut donc supporter plusieurs prélèvements.
Pour un colis de moins de 150 euros comprenant trois catégories de produits, les deux dispositifs peuvent représenter 15 euros au total : 9 euros de droits de douane et 6 euros de frais de traitement.
Il ne s’agit toutefois pas d’une somme automatiquement ajoutée à la facture du consommateur. Les plateformes, vendeurs et intermédiaires sont responsables du paiement de ces contributions.
Shein, Temu et AliExpress pourraient augmenter leurs prix
Les nouveaux frais ne doivent pas être facturés directement aux acheteurs. Les commerçants peuvent néanmoins choisir de les intégrer dans leurs prix de vente, ce qui risque d’augmenter le coût final des commandes.
D’après Le Parisien, dans un article publié le 26 octobre, AliExpress avait déjà intégré les droits de douane de juillet dans ses prix. Les consommateurs pourraient donc constater de nouvelles évolutions tarifaires à l’approche du Black Friday et des achats de Noël.
La réforme répond à la croissance rapide des importations issues du commerce électronique. En 2025, près de 5,9 milliards de petits colis sont entrés dans l’Union européenne, contre un volume environ quatre fois inférieur en 2022.
Selon les données européennes relayées par l’AFP, 93 % de ces envois provenaient de Chine. Cette augmentation complique les contrôles des autorités douanières, notamment concernant la sécurité des produits et les contrefaçons.
Les institutions européennes souhaitent également réduire les déséquilibres entre les commerçants établis dans l’UE et les plateformes expédiant directement leurs marchandises depuis des pays tiers.
La Commission européenne précise que les frais de traitement doivent contribuer aux coûts de surveillance douanière. Ils financent notamment l’analyse des risques, la vérification des déclarations et les inspections nécessaires.
Le dispositif sera permanent, mais son montant pourra être révisé tous les deux ans. Des modalités particulières sont également prévues à partir de juillet 2028 pour certaines marchandises transitant par des entrepôts spécialisés.
À cette échéance, le droit forfaitaire de 3 euros doit disparaître au profit des droits de douane ordinaires. Les nouveaux frais de traitement resteront distincts de cette taxation.
Pour les consommateurs français, le changement du 1er novembre ne signifie donc pas qu’ils devront systématiquement payer 2 euros supplémentaires à la livraison. Son principal effet pourrait être une augmentation progressive des prix affichés par les plateformes qui répercuteront cette charge.
