Le chômage a poursuivi sa progression au deuxième trimestre 2026. Il atteint désormais 8,3 % de la population active. Quelque 2,7 millions de personnes sont considérées comme chômeuses au sens du Bureau international du travail.
Selon l’Insee, leur nombre a augmenté de 62 000 en trois mois. Le taux gagne ainsi 0,2 point par rapport au trimestre précédent. Sur un an, la hausse atteint 0,7 point, soit 261 000 personnes supplémentaires.
Le chômage progresse dans toutes les classes d’âge
La dégradation ne concerne pas seulement un groupe de travailleurs. Le chômage augmente parmi les jeunes, les actifs d’âge intermédiaire et les plus de 50 ans. Cette évolution élargit donc la portée du ralentissement.
Chez les 15-24 ans, le taux rebondit à 21,6 %. Il progresse de 0,4 point sur trois mois. En outre, il se situe 2,5 points au-dessus de son niveau d’un an auparavant.
Le taux des 25-49 ans atteint 7,5 %. Celui des personnes de 50 ans ou plus monte à 5,5 %. Dans les deux cas, les niveaux sont les plus élevés depuis plusieurs années.
Le marché du travail montre plusieurs signes de faiblesse
La hausse du chômage intervient alors que l’emploi privé ralentit également. L’emploi salarié privé a reculé de 0,1 % au deuxième trimestre. Il est également inférieur de 0,4 % à son niveau de l’an dernier.
Par ailleurs, l’intérim reste sous pression. Fin juin, environ 694 800 personnes travaillaient dans ce secteur. Leur nombre avait diminué de 0,8 % en un mois.
Cependant, les données doivent être interprétées avec prudence. Une partie de la progression du chômage statistique est liée aux changements résultant de la loi pour le plein emploi. L’inscription de certains bénéficiaires du RSA à France Travail modifie notamment les statistiques.
Le gouvernement insiste sur la résistance de l’emploi
Le ministère du Travail souligne ainsi que le marché conserve certains « fondamentaux » solides. Le gouvernement attribue une partie de la hausse à la réforme de France Travail. Cependant, les données montrent aussi un ralentissement réel de l’emploi salarié.
La hausse reste donc un enjeu politique et économique majeur. Elle intervient à quelques mois de la présidentielle de 2027. En outre, elle complique la stratégie budgétaire du gouvernement.
Une augmentation durable du chômage pourrait réduire les recettes sociales. Elle pourrait aussi augmenter certaines dépenses publiques. Enfin, elle risque de peser sur la consommation des ménages.
Le prochain indicateur important sera publié le 28 août. La Dares présentera alors de nouvelles données détaillées sur l’emploi intérimaire et le marché du travail.
