La France travaille au développement de sa première unité de combat robotisée, capable d’assurer une grande partie des missions habituellement confiées à une compagnie d’infanterie ou à un escadron de cavalerie, tout en réduisant considérablement l’engagement direct des militaires.
Le projet Pendragon, lancé en 2025, est mené conjointement par l’Agence ministérielle pour l’intelligence artificielle de défense (AMIAD), le Commandement du combat futur (CCF) ainsi que plusieurs entreprises de l’industrie de défense.
La première démonstration complète du système est prévue pour l’été 2027, rapporte Le Point.
Selon les concepteurs, cette unité robotisée sera constituée d’environ 10 plateformes terrestres autonomes et de près de 60 drones, capables d’opérer comme un système unique et coordonné.
Une quinzaine d’opérateurs au lieu de plus d’une centaine de soldats
Les responsables militaires français estiment que cette nouvelle approche permettra de réduire sensiblement les risques encourus par les forces engagées.
Selon le lieutenant-colonel Christophe, responsable de la composante tactique du projet, au lieu de déployer 120 à 130 militaires en première ligne, les missions de combat seront assurées par des robots et des drones pilotés à distance par une équipe d’environ 15 opérateurs, installés à bonne distance de la zone des combats.
L’intelligence artificielle coordonnera l’ensemble du dispositif
Les essais sont actuellement menés sur le camp militaire de Saint-Cyr Coëtquidan, dans le département du Morbihan.
Les équipes travaillent notamment sur la coordination entre les plateformes robotisées terrestres et les drones, ainsi que sur le système de commandement C2 Pendragon, développé à partir de technologies d’intelligence artificielle.
Ce système analysera la situation tactique en temps réel, coordonnera les déplacements des différentes plateformes et répartira les missions conformément aux ordres du commandement.
La décision d’ouvrir le feu restera sous contrôle humain
La majorité des robots terrestres seront équipés de moteurs thermiques, un choix qui, selon les ingénieurs, facilitera les réparations directement sur le terrain.
À terme, ces plateformes pourront recevoir des mitrailleuses, des tourelles téléopérées ainsi que des conteneurs de munitions. Le dispositif intégrera également des drones de reconnaissance et des drones d’attaque.
Les autorités militaires françaises soulignent toutefois que l’emploi des armes ne sera jamais entièrement automatisé : la décision finale d’ouvrir le feu restera systématiquement entre les mains d’un opérateur humain.
Vers une nouvelle doctrine militaire française
À l’issue des essais et de la démonstration du prototype, les spécialistes élaboreront une doctrine spécifique consacrée à l’emploi des unités robotisées dans les conflits modernes, avant de poursuivre les expérimentations sur le terrain.
Selon les premières estimations, le coût d’une telle unité de combat de haute technologie s’élèverait à environ 10 millions d’euros. Le ministère français des Armées considère ce programme comme l’un des axes majeurs de la modernisation des forces armées au cours des prochaines années.
