La France entend obtenir de l’Union européenne des mesures restrictives contre les personnes impliquées dans les campagnes informationnelles menées par la Russie en Afrique. Paris s’appuie sur les conclusions d’une enquête du service français Viginum, chargé de détecter les tentatives étrangères de manipulation de l’espace informationnel.
La diplomatie française prépare une démarche auprès de l’Union européenne afin d’obtenir des sanctions contre les organisateurs et les participants aux opérations d’influence informationnelle russes visant notamment le Cameroun et la République du Congo.
Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, l’a annoncé le 27 octobre. Selon lui, Moscou cherche à manipuler l’opinion publique dans d’autres pays pour promouvoir ses propres intérêts et contrer l’influence française.
Barrot a indiqué qu’il soulèverait la question de sanctions européennes contre les personnes considérées comme responsables de cette campagne. Il s’agit, à ce stade, d’une proposition de mesures restrictives à l’échelle de l’UE, et non d’une décision déjà adoptée.
Le rôle du service français Viginum
Le ministre a présenté le rapport de Viginum comme le fondement de l’initiative française. Créée en 2021, cette structure spécialisée est chargée de détecter les ingérences numériques étrangères et les campagnes de manipulation de l’information.
Selon Barrot, les mécanismes mis au jour témoignent de tentatives russes visant à influencer les opinions publiques dans des États souverains africains. Paris considère ces opérations non seulement comme un problème informationnel, mais aussi comme un instrument au service des intérêts géopolitiques de Moscou.
Le ministre a également affirmé que la Russie cherchait à orienter la perception des événements par les populations locales. Il s’est toutefois dit convaincu que ces efforts n’atteindraient pas leurs objectifs.
Des sanctions pour répondre aux ingérences étrangères
L’initiative française vise à porter au niveau de l’Union européenne la question de la responsabilité des acteurs impliqués dans ces opérations informationnelles. L’adoption de sanctions nécessiterait une décision des instances européennes et des États membres.
Dans ses déclarations, Barrot a cité le Cameroun et la République du Congo parmi les pays visés par les campagnes d’influence. Les informations rendues publiques ne précisent toutefois ni la liste complète des personnes contre lesquelles Paris souhaite prendre des mesures, ni les modalités concrètes des sanctions envisagées.
La prochaine étape consistera donc pour Paris à mener des consultations diplomatiques avec ses partenaires européens. Leur issue déterminera si l’initiative française débouche sur un mécanisme de réponse commun de l’UE aux opérations d’ingérence informationnelle identifiées.
