Fusillade à caractère raciste en France : le parquet antiterroriste demande la mise en détention du suspect

L’enquête sur la fusillade survenue à Trappes et à La Verrière, en France, entre dans une nouvelle phase judiciaire. Le Parquet national antiterroriste estime que l’attaque, qui a coûté la vie à un homme de 26 ans et fait sept blessés, pourrait avoir été motivée par le racisme, rapporte Le Figaro.

Le 29 octobre, le Parquet national antiterroriste (PNAT) a demandé à la justice de mettre en examen Kevin T. et de le maintenir en détention provisoire. Les enquêteurs examinent l’affaire sous l’angle d’un possible acte terroriste à caractère raciste.

Le parquet souhaite que les faits soient qualifiés de meurtre et de tentatives de meurtre en lien avec une entreprise terroriste, avec une circonstance aggravante liée à une possible haine des victimes en raison de leur appartenance raciale, ethnique, nationale ou religieuse.

Lors d’une conférence de presse, le procureur antiterroriste Olivier Christen a indiqué que le suspect avait déclaré ne ressentir aucun remords. Kevin T. avait précédemment reconnu son implication dans la fusillade, tout en niant que l’attaque ait été motivée par le racisme. Il doit désormais être présenté à un juge d’instruction spécialisé dans les affaires de terrorisme. La justice examinera ensuite la demande de placement en détention provisoire.

Une attaque dans deux communes

La fusillade s’est produite dans la matinée du 23 octobre. Au volant d’une Renault Clio grise, le suspect a ouvert le feu près d’un arrêt de bus situé place Van Gogh, à Trappes, avant de poursuivre ses tirs à La Verrière.

Selon le parquet, le tireur a effectué 128 tirs sur huit sites différents, à l’aide d’une arme automatique de catégorie A. La fusillade a coûté la vie à Pengo Bossio Wangi, un Français noir âgé de 26 ans. Parmi les sept blessés figurait une adolescente de 12 ans, dont l’état s’est ensuite stabilisé.

La police a interpellé le suspect sur la route nationale RN10, près de Coignières. Un autre volet de l’enquête concerne son domicile à Plaisir. Selon les investigations, l’homme y aurait préparé, avant la fusillade, un dispositif dangereux composé de bouteilles de gaz, de fils électriques et d’une minuterie.

Ce que l’on sait du suspect

Kevin T. avait déjà fait l’objet de quatre condamnations pénales. La dernière remonte à 2012. Les analyses toxicologiques réalisées après son arrestation ont révélé la présence de cannabis et de cocaïne dans son sang.

Selon une source proche de l’enquête citée par l’AFP, l’homme aurait été diagnostiqué schizophrène et aurait suivi un traitement. Ces éléments figurent dans le dossier judiciaire, mais ne suffisent pas, à eux seuls, à établir le mobile de l’attaque ni à déterminer la responsabilité pénale du suspect.

Kevin T. est en garde à vue depuis lundi. La suite de la procédure dépendra des décisions judiciaires et des résultats des investigations, qui doivent permettre de préciser les circonstances de la fusillade et les motivations du suspect.

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