En Ukraine, environ 750 civils ont pu quitter Olechky, une ville occupée par la Russie dans la région de Kherson, grâce à une trêve humanitaire organisée du 27 octobre au 1er novembre 2026. L’opération a permis d’acheminer des vivres et des médicaments à une population isolée depuis plusieurs mois. Kyiv souhaite désormais reproduire cette initiative dans d’autres territoires occupés, où des habitants restent exposés aux combats et aux graves pénuries.
Selon Le Monde, cette mission constitue l’un des rares exemples de coopération humanitaire entre l’Ukraine et la Russie depuis le début de l’invasion à grande échelle en février 2022. Sur les quelque 2 000 personnes encore présentes à Olechky, environ 750 ont été évacuées à bord de 25 bus. D’après les informations ukrainiennes et internationales recueillies par le quotidien, près des trois quarts des évacués ont choisi de rejoindre l’Ukraine, contre un quart ayant pris la direction de la Russie.
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Des civils pris au piège dans une ville occupée
Avant l’invasion russe, Olechky comptait environ 24 000 habitants. Occupée dès février 2022, la ville s’est progressivement vidée de sa population. Les personnes restées sur place ont vécu dans des conditions de plus en plus difficiles, privées d’électricité, d’eau courante et confrontées à des pénuries alimentaires et médicales.
Les routes étaient particulièrement dangereuses en raison des mines et des attaques de drones. Certains habitants avaient tenté de fuir à pied, au risque d’être tués ou blessés. Pour les familles encore présentes, l’ouverture d’un passage sécurisé représentait une possibilité de quitter une zone où les déplacements ordinaires étaient devenus extrêmement périlleux.
L’opération humanitaire a permis une suspension locale des combats pendant six jours. Des itinéraires ont été partiellement déminés et des véhicules ont été mobilisés pour transporter les habitants vers leur destination choisie.
Tous les civils qui souhaitaient partir n’ont pourtant pas pu être évacués. Selon des témoignages recueillis par des médias indépendants, certains habitants des quartiers périphériques n’ont pas été autorisés à franchir les points de contrôle. Des personnes à mobilité réduite n’ont pas non plus pu bénéficier du dispositif.
Kyiv veut sauver d’autres Ukrainiens restés sous occupation
Pour les autorités ukrainiennes, la priorité est désormais d’étendre les évacuations à d’autres localités occupées. Le commissaire ukrainien aux droits humains, Dmytro Lubinets, souhaite améliorer la coordination des opérations et créer un centre spécialement consacré au retour des civils.
L’objectif est de permettre aux habitants qui souhaitent rejoindre les territoires contrôlés par l’Ukraine de le faire sans devoir traverser seuls des zones dangereuses. Leur liberté de choisir leur destination constitue un enjeu essentiel, dans un contexte où les autorités ukrainiennes redoutent que certains civils soient contraints de passer par la Russie.
D’après Le Monde, la Maison Blanche attribue un rôle important à Melania Trump dans la négociation de cette trêve. Le président Volodymyr Zelensky lui a décerné, le 4 novembre, l’ordre de la princesse Olga pour son soutien humanitaire, notamment aux enfants ukrainiens transférés illégalement en Russie.
Cette coopération reste fragile. Moscou a refusé de prolonger la trêve d’Olechky, malgré le souhait de Kyiv. Les deux parties ont également formulé des accusations concernant d’éventuels mouvements militaires pendant la suspension des combats.
Le 5 novembre, des représentants ukrainiens et russes doivent participer à des discussions à la Maison Blanche sur les suites possibles de cette opération. Pour les civils encore bloqués dans les territoires occupés, l’enjeu dépasse les négociations diplomatiques. Il s’agit de pouvoir quitter des zones dangereuses, retrouver leurs proches et vivre à l’abri des combats.
