À Kyiv, la guerre impose son rythme. Olga Kurovska vit au milieu des coupures d’électricité, des alertes aériennes et de la fatigue physique. Chaque jour commence avant l’aube. Il faut cuisiner, travailler, laver, tant que le courant existe. Trois ou quatre heures, parfois moins. Selon Le Monde, les Russes ont détruit une partie des centrales. La ville s’organise autour d’un tableau horaire devenu une loterie quotidienne.
Le soir reste le moment le plus dur. L’obscurité pèse. Les stations électriques portables remplacent l’État. La maladie, la peur et l’épuisement s’additionnent.
Une paix impossible à accepter
Sa sœur Sasha vit à Paris. La distance n’efface rien. Elle observe l’Europe parler de paix pendant que l’Ukraine enterre ses morts. Les deux femmes partagent la même angoisse : voir émerger un accord dicté par Moscou, au nom du réalisme diplomatique.
« Comment accepter cette paix quand on a perdu sa femme et ses enfants, tués dans leurs lits par des missiles ? »
Cette question traverse tout le pays. La paix, disent-elles, ne peut pas naître de l’oubli ni de la résignation. Pour l’Ukraine, céder aujourd’hui reviendrait à légitimer la violence et à préparer les guerres de demain.
