États-Unis : l’opposition attend la chute de Trump

Un an après la réélection de Donald Trump, le Parti démocrate américain semble avoir renoncé à l’exercice pourtant classique de l’autopsie électorale. Le rapport commandé par le Democratic National Committee reste lettre morte. L’appareil du parti préfère l’oubli à la confrontation avec ses propres failles, sans même identifier clairement les blessures qu’il redoute de rouvrir.

Certes, l’histoire politique américaine invite à la prudence. Les leçons tirées des défaites ne garantissent jamais les victoires futures.

Selon Le Monde, en 2012, après l’échec de Mitt Romney, les républicains avaient prôné l’inclusivité. Donald Trump a ensuite prospéré sur une ligne exactement inverse.

Le silence des partis de la régulation

Le malaise démocrate dépasse toutefois le cadre partisan. Il s’inscrit dans un cycle politique plus large, marqué par l’impuissance des forces dites de la régulation. Qu’il s’agisse d’intelligence artificielle, d’environnement, de capitalisme financier ou de relations internationales, ces partis peinent à opposer un récit structurant à la montée d’un ethnonationalisme assumé.

Celui-ci s’impose depuis Washington et se diffuse à l’échelle mondiale, au nom d’un droit d’ingérence idéologique sans rapport avec la défense des droits humains autrefois invoquée.

Un paradoxe électoral révélateur

Malgré une image dégradée — seuls 18 % des Américains approuvent l’action des démocrates au Congrès — les excès de Donald Trump suscitent un réflexe de rejet. Une majorité relative souhaite voir les démocrates l’emporter aux élections de mi-mandat. Ce paradoxe confirme leurs récents succès électoraux, sans lever l’ambiguïté stratégique qui les mine.

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