À cinq mois des élections législatives, le Kremlin surveille avec inquiétude la baisse de popularité de Vladimir Poutine. La guerre en Ukraine s’éternise, l’économie pèse sur la vie quotidienne et les blocages d’Internet nourrissent le mécontentement. Le pouvoir russe cherche donc à reprendre la main sur l’image du président.
Selon Le Monde, le 27 avril 2026, Vladimir Poutine s’est rendu dans un centre sportif de Saint-Pétersbourg. Devant une vingtaine de jeunes danseuses, il a multiplié les gestes de proximité. Il a parlé avec elles, puis a embrassé le front d’une fillette de 10 ans. Les médias proches du Kremlin ont rapidement relayé la séquence.
Cette mise en scène rappelle un précédent. En juin 2023, après la mutinerie d’Evgueni Prigojine et du groupe Wagner, Poutine avait déjà utilisé ce registre affectif lors d’un déplacement au Daghestan. Pour la politiste russe en exil Farida Rustamova, ce type d’apparition signale une inquiétude réelle au sommet du pouvoir.
Dans le pays, la colère circule malgré la censure et les coupures d’Internet. Des citoyens publient des vidéos pour dénoncer la hausse des prix, les conséquences des sanctions, la mauvaise gestion de crises locales ou les effets des attaques de drones ukrainiens contre des installations pétrolières. À Touapsé et à Perm, les incendies, les fumées et la pollution ont provoqué sarcasmes et critiques.
Ces appels directs à Poutine traduisent un malaise profond. Dans une autocratie sans médias libres ni justice indépendante, ils deviennent l’un des rares moyens d’exprimer le désespoir. Le président veut montrer qu’il reste proche du peuple. Pourtant, la guerre l’éloigne de plus en plus des préoccupations ordinaires des Russes.
