« Harmonie » : comment la Russie a tissé un réseau d’espionnage sous-marin dans l’Arctique

Depuis près de dix ans, la Russie déploie dans l’Arctique un vaste réseau de surveillance sous-marin destiné à protéger son arsenal nucléaire et à détecter les sous-marins de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord. Nom de code : « Harmonie ». L’existence de ce dispositif est révélée par l’enquête internationale Russian Secrets, à laquelle a participé Le Monde.

Un espionnage nourri par des technologies occidentales

Dans les profondeurs de la mer de Barents, Moscou a installé des milliers de kilomètres de câbles, de capteurs acoustiques et de sonars. Ce système repose sur des équipements de haute technologie venus d’Europe, des États-Unis et du Japon. La Russie les a acquis grâce à un réseau opaque de sociétés-écrans, contournant ainsi les contrôles à l’exportation.

Des produits occidentaux ont contribué à renforcer la protection des armes nucléaires russes, malgré les sanctions et le contexte de guerre en Ukraine.

Les failles européennes mises en lumière

Coordonnée par la chaîne allemande Norddeutscher Rundfunk, l’enquête s’appuie sur des documents judiciaires, des fuites financières et des données commerciales. Elle interroge la capacité de l’Europe à empêcher la diffusion de technologies sensibles vers des puissances hostiles. Derrière le secret militaire, c’est la solidité même des dispositifs de contrôle européens qui se trouve mise en cause.

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