La France et ses partenaires dénoncent la présence russe en Géorgie et redoutent une nouvelle annexion

Paris, Londres, Berlin et Rome ont réaffirmé leur soutien à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la Géorgie. Dix-huit ans après la guerre russo-géorgienne, les quatre capitales dénoncent toujours la présence militaire russe en Abkhazie et en Ossétie du Sud. Elles s’inquiètent surtout des derniers rapprochements entre Moscou et les autorités séparatistes sud-ossètes.

Selon France Diplomatie, la France, l’Allemagne, l’Italie et le Royaume-Uni considèrent cette présence militaire comme contraire au droit international. Les quatre pays rappellent aussi les engagements pris par Moscou dans l’accord en six points du 12 août 2008. Ils estiment que la militarisation de ces territoires fragilise la sécurité de la Géorgie et la stabilité européenne.

La présence russe en Géorgie reste au cœur des tensions

La déclaration intervient à l’occasion du 18e anniversaire de la guerre d’août 2008. Après ce conflit, la Russie a reconnu l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud comme États indépendants. Cependant, la Géorgie et la grande majorité de la communauté internationale les considèrent comme des parties du territoire géorgien.

Les quatre pays demandent à Moscou de respecter les décisions européennes concernant ces régions. Ils réclament également l’application des engagements conclus après la guerre. En outre, Paris et ses partenaires soutiennent les discussions internationales de Genève, principal cadre diplomatique consacré au conflit.

De son côté, le Service européen pour l’action extérieure adopte une position comparable. L’Union européenne juge illégale la présence militaire russe sans l’accord du gouvernement géorgien. Par ailleurs, Bruxelles dénonce l’intégration progressive des deux régions dans les espaces réglementaire et sécuritaire russes.

L’Ossétie du Sud alimente les craintes d’une annexion

Les inquiétudes se concentrent désormais sur l’Ossétie du Sud. Le 9 mai 2026, Moscou et les autorités de facto de Tskhinvali ont signé un accord destiné à approfondir leur coopération. Pour Paris, Berlin, Rome et Londres, ce texte porte une nouvelle atteinte à la souveraineté géorgienne.

De plus, les changements politiques récents ont renforcé les interrogations. Alan Gagloyev a quitté en juin la direction de l’Ossétie du Sud pour rejoindre l’administration de Vladimir Poutine comme conseiller. Il avait alors expliqué vouloir contribuer à un rapprochement supplémentaire avec la Russie.

Toutefois, aucune annexion formelle de l’Ossétie du Sud n’a été annoncée. Moscou reconnaît officiellement le territoire comme un État indépendant depuis 2008. Les dirigeants sud-ossètes ont néanmoins évoqué à plusieurs reprises leur volonté d’intégrer à terme la Fédération de Russie.

Paris défend le cadre des frontières géorgiennes

Pour la diplomatie française, l’enjeu dépasse la seule relation entre Moscou et Tbilissi. Toute modification du statut des territoires renforcerait les tensions dans le Caucase du Sud. Ainsi, la France maintient son soutien à la mission d’observation de l’Union européenne en Géorgie.

La Mission d’observation de l’Union européenne patrouille quotidiennement autour des lignes administratives avec l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud. Elle surveille les incidents liés au conflit et contribue à maintenir des canaux de communication sur le terrain. Cependant, elle n’a pas accès aux deux territoires séparatistes.

Enfin, la crise conserve une importante dimension humanitaire. D’après le ministère géorgien des Affaires étrangères, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté en juin 2026 une nouvelle résolution sur les déplacés et réfugiés d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud. Le texte a recueilli 107 voix favorables et réaffirme leur droit au retour dans des conditions sûres et dignes.

La déclaration européenne du 7 août montre donc que le dossier reste ouvert dix-huit ans après la guerre. La France et ses partenaires cherchent surtout à empêcher une intégration supplémentaire des territoires séparatistes dans les structures russes. Cependant, aucune solution politique durable ne se dessine encore.

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