La Russie intensifie ses frappes contre les trains ukrainiens jusqu’aux abords de la frontière polonaise

La Russie intensifie ses attaques contre les trains ukrainiens, devenus une cible récurrente de ses drones. Dimanche 13 septembre, une frappe a touché une locomotive près de Yahodyn, à proximité immédiate de la Pologne. Aucun passager n’a été tué dans cette attaque. Cependant, l’incident renforce les inquiétudes autour d’un réseau vital pour l’Ukraine.

Selon Reuters, un drone russe a frappé un train de voyageurs près de la frontière polonaise. Le convoi se trouvait à environ deux kilomètres du territoire d’un pays membre de l’OTAN. Les passagers avaient pu être mis en sécurité. L’attaque intervient alors que les frappes contre le système ferroviaire ukrainien se multiplient.

Les trains ukrainiens deviennent des cibles récurrentes

L’épisode de Yahodyn ne constitue pas un incident isolé. Plusieurs trains ont été visés quelques jours auparavant dans les régions proches du front. Ces attaques concernent désormais aussi bien les infrastructures que le matériel roulant.

D’après Ukrinform, une frappe a notamment touché le 9 septembre un train dans la région de Kharkiv. Huit personnes ont été blessées, parmi lesquelles des voyageurs et des cheminots. Deux voitures ont également pris feu après l’attaque.

La veille, des frappes avaient déjà visé des trains dans la région de Sumy. Un train de banlieue a été attaqué et neuf passagers ont été blessés. Par ailleurs, le train Kyiv-Sumy avait été arrêté après une alerte, permettant l’évacuation d’environ 90 personnes avant une frappe.

Le réseau ferroviaire reste stratégique pour l’Ukraine

Le chemin de fer joue un rôle essentiel depuis le début de l’invasion russe à grande échelle en février 2022. Il transporte des millions de voyageurs et maintient les liaisons entre les régions. En outre, il permet de rejoindre plusieurs pays européens malgré la fermeture de l’espace aérien civil ukrainien.

Le réseau sert également aux évacuations depuis les zones menacées. Il assure, par ailleurs, une partie importante des échanges économiques du pays. Sa continuité représente donc un enjeu à la fois civil, économique et stratégique.

Ukrzaliznytsia avait déjà recensé près de 5 000 attaques contre le système ferroviaire depuis février 2022. Cette pression oblige l’opérateur à adapter constamment ses procédures. Les horaires peuvent notamment être modifiés lorsque les équipes détectent une menace.

Une attaque à quelques kilomètres de la Pologne

La frappe de Yahodyn possède toutefois une dimension particulière. Un train transportant plusieurs personnalités étrangères avait quitté la zone peu auparavant. Boris Johnson et l’ancien premier ministre suédois Carl Bildt figuraient notamment parmi les passagers de ce convoi diplomatique.

Ukrzaliznytsia a évoqué la possibilité que ce train ait constitué la véritable cible. Cette hypothèse n’a toutefois pas été confirmée de manière indépendante. Il convient donc de distinguer cette possibilité du fait établi que la locomotive d’un autre train a été touchée.

De plus, la proximité de la frontière a provoqué une réaction immédiate à Varsovie. La Pologne a annoncé vouloir renforcer la sécurité dans la zone frontalière. Le premier ministre Donald Tusk a également averti contre un risque d’escalade russe.

L’Europe dénonce une nouvelle escalade

Les réactions ont dépassé le cadre ukraino-polonais. Plusieurs responsables européens considèrent cette frappe comme particulièrement préoccupante en raison de sa proximité avec l’OTAN.

D’après Associated Press, les autorités ukrainiennes ont souligné que le train diplomatique avait quitté Yahodyn avant l’horaire prévu. Cette modification aurait contribué à éloigner les responsables étrangers de la zone au moment de l’attaque. Aucun décès n’a été signalé dans le train finalement touché.

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a, pour sa part, estimé que cette attaque cherchait à intimider les Européens. Son homologue allemande de la Défense, Boris Pistorius, l’a qualifiée d’escalade calculée.

Ainsi, les attaques contre les trains ukrainiens dépassent désormais la seule question des transports. Elles mettent sous pression une infrastructure indispensable au fonctionnement du pays. Leur extension vers les frontières occidentales ajoute également une dimension européenne au risque sécuritaire.

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