Le Canada accélère sa diversification économique pour réduire sa forte dépendance au marché américain

Le Canada accélère sa diversification commerciale face aux tensions persistantes avec les États-Unis. Ottawa veut attirer davantage d’investissements étrangers et ouvrir de nouveaux marchés à ses entreprises. Cette stratégie prend une dimension concrète les 14 et 15 septembre 2026, lors d’un grand sommet organisé à Toronto. Elle traduit surtout une volonté de réduire une vulnérabilité économique ancienne.

Selon Reuters, le gouvernement de Mark Carney présente à Toronto plus de 160 projets susceptibles d’attirer des capitaux internationaux. De grands investisseurs mondiaux participent aux rencontres, notamment dans l’énergie, les infrastructures, les technologies et les minerais critiques. Ottawa espère ainsi stimuler un vaste cycle d’investissement dans le pays. 

Une diversification commerciale devenue prioritaire

Le défi reste considérable. Les États-Unis demeurent, de très loin, le premier débouché des producteurs canadiens. En juillet, ils ont absorbé environ deux tiers des exportations canadiennes de marchandises. 

Cependant, les chiffres montrent aussi une évolution. Les exportations vers les marchés autres que les États-Unis ont progressé de 7,4 % en juillet. Elles ont atteint un record de 25,6 milliards de dollars canadiens. Leur part dans les exportations totales a ainsi grimpé à 33,7 %. 

Dans le même temps, les ventes vers les États-Unis ont reculé de 6,6 %. Le surplus commercial bilatéral est donc tombé de 10,3 milliards à 5,9 milliards de dollars canadiens entre juin et juillet. 

Ottawa veut doubler les exportations hors des États-Unis

Le gouvernement a désormais fixé un objectif de long terme. Il souhaite doubler les exportations canadiennes vers les marchés non américains au cours de la prochaine décennie. Cette progression représenterait environ 300 milliards de dollars canadiens d’échanges supplémentaires. 

Pour y parvenir, Ottawa veut combiner nouveaux accords commerciaux, soutien aux exportateurs et investissements dans les infrastructures. De plus, le gouvernement a lancé un fonds de 5 milliards de dollars canadiens destiné aux corridors commerciaux. Ces infrastructures doivent faciliter l’accès aux ports et aux marchés étrangers. 

Par ailleurs, le Canada cherche à avancer dans ses négociations commerciales avec plusieurs partenaires. Les discussions concernent notamment l’Inde, les Émirats arabes unis, le Mercosur, la Thaïlande et les Philippines. Ottawa vise également un accord avec l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est. 

L’Europe occupe une place centrale dans la stratégie

L’Union européenne apparaît comme un partenaire particulièrement important. Elle constitue déjà le deuxième partenaire commercial du Canada pour les biens et les services. En 2025, leurs échanges combinés ont atteint 178,6 milliards de dollars canadiens. 

En outre, Ottawa et Bruxelles ont lancé en mars 2026 des négociations sur un accord consacré au commerce numérique. Les deux partenaires veulent aussi approfondir leur coopération économique et réglementaire dans le cadre de l’AECG. 

Le Canada développe parallèlement ses relations avec d’autres puissances économiques. Cette politique concerne notamment l’Asie et plusieurs économies émergentes. Toutefois, remplacer rapidement le marché américain reste irréaliste compte tenu de l’intégration géographique et industrielle des deux économies.

Une stratégie qui ne signifie pas une rupture avec Washington

La diversification commerciale vise donc davantage à réduire les risques qu’à tourner le dos aux États-Unis. Ottawa continue d’ailleurs de considérer la stabilisation de la relation commerciale nord-américaine comme une priorité. Le gouvernement prépare notamment la prochaine phase de l’accord commercial entre le Canada, les États-Unis et le Mexique. 

Cependant, les tensions tarifaires ont renforcé l’urgence de cette transformation. Fin août, le Canada a annoncé de nouvelles contre-mesures visant certains produits américains. Ottawa accompagne aussi les entreprises touchées par les perturbations commerciales. 

Ainsi, le pari canadien repose sur deux mouvements complémentaires. Le pays cherche à préserver l’accès au marché américain tout en développant des alternatives crédibles ailleurs. Le succès dépendra toutefois de la capacité des entreprises à convertir les nouveaux accords, infrastructures et investissements en échanges durables.

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