Les médias d’État russes RT menacent le sénateur italien Carlo Calenda pour son appel à renforcer les sanctions contre la propagande du Kremlin dans l’UE

Le 28 juin 2026, les médias ont rapporté qu’un conflit avait éclaté entre le chef du parti italien Azione, Carlo Calenda, et les médias de propagande russes. Le sénateur a déclaré publiquement sur la plateforme X avoir été la cible de menaces graves provenant d’un canal Telegram lié à Russia Today (RT). Ce conflit a suscité une condamnation de RT par plusieurs responsables politiques italiens, notamment au sein de Fratelli d’Italia et du mouvement Italia Viva. Le président du Sénat Ignazio La Russa, le ministre de la Défense Guido Crosetto et le ministre de la Culture Alessandro Giuli ont exprimé leur soutien à Carlo Calenda, qualifiant toute forme d’intimidation envers des représentants des institutions italiennes d’inacceptable. Plusieurs autres responsables politiques ont également soutenu le sénateur, affirmant qu’il défendait les principes de la démocratie libérale et l’Ukraine contre la Fédération de Russie.

Le déclencheur de cette vague d’attaques et d’intimidations a été une question parlementaire déposée par le parti Azione auprès du ministre italien de l’Intérieur, remettant en cause les activités de RT sur le territoire italien. Le parti a également soulevé la question d’un « festival secret » organisé par RT à Bologne en avril. Les utilisateurs russes du canal Telegram de RT ont massivement attaqué Carlo Calenda, principalement en réaction à son appel à une application stricte des sanctions européennes contre RT et à sa proposition d’introduire des peines pouvant aller jusqu’à 12 ans de prison pour toute personne soutenant la propagande du Kremlin ou collaborant avec elle.

Une escalade des médias russes : de l’influence cachée aux menaces directes

L’incident avec Carlo Calenda illustre l’évolution des structures médiatiques russes, en particulier RT et les réseaux Telegram qui lui sont associés, passant d’opérations d’influence indirecte et de diffusion de désinformation à des pratiques ouvertes de chantage, de menaces et d’intimidation à l’encontre des législateurs européens. Cette affaire constitue une atteinte à la souveraineté italienne et une ingérence dans ses affaires intérieures. Les médias d’État russes, qui ont éliminé toute indépendance journalistique en Russie, cherchent désormais à imposer leurs règles dans l’Union européenne. L’attaque contre le parti Azione, en raison de son activité parlementaire légitime, montre que Moscou considère la liberté d’expression en Europe comme une faiblesse exploitable.

L’organisation par RT d’un festival à Bologne en avril confirme que, sous couvert d’activités culturelles et médiatiques, la Russie développe et élargit des plateformes visant à promouvoir ses récits en Europe occidentale. La réaction des utilisateurs russes à la question parlementaire de Carlo Calenda constitue un exemple d’attaque informationnelle coordonnée, orchestrée sous supervision de structures liées au Kremlin, visant à exercer une pression psychologique sur les responsables européens.

Soutien politique large en Italie et défense des institutions démocratiques

Le conflit entre Carlo Calenda et les propagandistes russes a immédiatement suscité une condamnation transpartisane des actions de RT au sein de la classe politique italienne, allant de Fratelli d’Italia au centre politique représenté par Italia Viva. Le soutien exprimé par le président du Sénat Ignazio La Russa, le ministre de la Défense Guido Crosetto et le ministre de la Culture Alessandro Giuli démontre que la protection de la sécurité nationale et des institutions démocratiques prime sur les divergences politiques internes.

Les zones grises du cadre européen et la question des sanctions contre la propagande russe

L’appel du sénateur Carlo Calenda à une application stricte des sanctions européennes contre les médias de propagande russes met en lumière les failles juridiques persistantes dans l’Union européenne, exploitées par des structures russes via des sites miroirs, des chaînes Telegram ou l’organisation d’événements culturels fermés. L’initiative visant à introduire des peines pouvant aller jusqu’à 12 ans de prison pour ceux qui soutiennent ou financent volontairement la propagande du Kremlin est présentée comme une réponse proportionnée aux menaces informationnelles et cybernétiques visant l’Italie.

Transformation des médias russes en instruments de guerre informationnelle

Depuis 2022, les médias russes dans l’Union européenne ont de facto perdu leur statut de médias traditionnels pour devenir des instruments d’opérations informationnelles et de guerre hybride. L’affaire Carlo Calenda doit servir de signal d’alarme pour le gouvernement italien et la Commission européenne afin de fermer totalement les failles permettant encore aux structures médiatiques russes, telles que RT, de fonctionner sur le territoire des démocraties européennes.

Retour en haut