Les médias français s’opposent à la recherche de Google dopée à l’IA : les éditeurs craignent une perte d’audience

Les éditeurs français demandent à l’autorité de la concurrence d’intervenir face à la nouvelle fonctionnalité de Google qui utilise l’intelligence artificielle pour générer des réponses directement aux requêtes des utilisateurs.

La plainte a été déposée par l’APIG, l’association qui représente près de 300 journaux français, rapporte France 24. Les éditeurs estiment que les réponses générées par l’IA pourraient aggraver les difficultés du marché des médias : l’utilisateur obtient directement sur le moteur de recherche les informations qu’il recherche et n’a donc plus nécessairement besoin de consulter le site du média.

Google devient de facto l’intermédiaire entre le lecteur et les médias

À la fin du mois de juillet, l’entreprise a commencé à déployer en France AI Overviews, des résumés générés automatiquement qui apparaissent au-dessus des résultats de recherche traditionnels.

Le système analyse des informations provenant de différentes sources et produit une réponse synthétique. Pour l’utilisateur, cela signifie un accès plus rapide à l’information. Pour les rédactions, en revanche, les conséquences pourraient être beaucoup moins favorables.

Moins de visites sur les sites signifie moins de pages vues, des performances publicitaires plus faibles et, à terme, une pression supplémentaire sur le modèle économique des médias traditionnels.

Les éditeurs ne demandent pas de stopper le développement de l’intelligence artificielle

Les journaux français soulignent que leur contestation ne porte pas sur la technologie elle-même.

Le problème, selon l’APIG, concerne la manière dont Google utilise les contenus journalistiques et la répartition des bénéfices économiques qui en découlent.

Les éditeurs estiment que les articles produits par leurs rédactions possèdent une valeur commerciale et que leur utilisation dans de nouveaux services d’IA doit s’accompagner d’un partage équitable des revenus.

Le conflit renvoie aux accords conclus en 2022

L’APIG établit également un lien entre le différend actuel et l’accord conclu par Google avec plusieurs groupes de médias français en 2022.

Les éditeurs estiment que le lancement de cette nouvelle fonctionnalité sans leur accord pourrait être contraire aux engagements pris précédemment par l’entreprise américaine en France.

Ce n’est pas le premier conflit opposant Google aux autorités françaises concernant l’utilisation de contenus journalistiques. En 2024, l’entreprise s’est vu infliger une amende de 250 millions d’euros par l’Autorité française de la concurrence.

Pour les médias, l’enjeu devient de plus en plus important

Les médias traditionnels perdent depuis des années une partie de leurs recettes publicitaires au profit des grandes plateformes numériques. L’essor de la recherche générative crée un nouveau risque : les entreprises technologiques pourraient non seulement contrôler l’accès à l’audience, mais aussi réduire les visites vers les sources originales en fournissant directement les réponses recherchées.

C’est pourquoi les éditeurs français souhaitent obtenir de nouvelles règles garantissant que le développement de l’intelligence artificielle ne se fasse pas au détriment du journalisme.

Le conflit en France pourrait ainsi s’inscrire dans un débat européen plus large sur la régulation de l’utilisation des contenus médiatiques par les systèmes d’intelligence artificielle et sur la question de savoir qui doit bénéficier de la valeur économique créée par ces plateformes.

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