Un nouveau scandale potentiel éclate autour de la RATP, l’opérateur des transports publics parisiens. L’association anticorruption AC!! Anti-Corruption a saisi le Parquet national financier (PNF) au sujet d’un possible système d’embauche d’élus à des postes qui n’auraient pas nécessairement correspondu à une activité professionnelle réelle.
Il ne s’agirait pas d’un cas isolé, rapporte France info. L’association évoque l’hypothèse d’une pratique organisée qui pourrait concerner près de 200 responsables politiques et élus locaux de Paris et d’Île-de-France.
Des élus de plusieurs partis concernés par les soupçons
Selon AC!! Anti-Corruption, certains responsables politiques auraient pu percevoir une rémunération de la RATP tout en exerçant parallèlement des mandats électifs.
L’association s’interroge notamment sur des situations dans lesquelles certains salariés auraient disposé de missions mal définies, été peu ou pas présents sur leur lieu de travail, ou n’auraient pas fourni une activité correspondant au niveau de leur rémunération.
Si ces éléments étaient confirmés, il ne s’agirait plus de simples irrégularités administratives, mais potentiellement d’une utilisation de ressources publiques à des fins politiques.
L’affaire a pris de l’ampleur après le cas du maire de Saint-Denis
Le nouveau signalement fait suite à une première démarche engagée par la même organisation le 7 août.
Cette première affaire concernait Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis et membre de La France insoumise. Après des révélations publiées par l’hebdomadaire satirique Le Canard enchaîné, l’association avait mis en doute la compatibilité entre son emploi à la RATP et l’exercice à plein temps de ses fonctions municipales.
L’élu a rejeté les accusations, estimant que la campagne médiatique le visant relevait d’une démarche politique.
Le PNF est désormais invité à examiner une éventuelle pratique plus large
Le nouveau signalement dépasse largement le seul cas individuel. Il évoque de possibles faits de détournement de fonds publics, favoritisme, ainsi que de faux et usage de faux.
AC!! Anti-Corruption s’appuie non seulement sur les informations du Canard enchaîné, mais également sur des articles publiés par d’autres médias français, notamment Mediapart et Marianne.
Pour l’association, l’ensemble de ces éléments pourrait laisser apparaître l’existence d’un mécanisme organisé plutôt qu’une succession de cas isolés.
La RATP se dit prête à transmettre les documents nécessaires
De son côté, l’opérateur parisien affirme ne pas vouloir faire obstacle aux éventuelles investigations.
La RATP assure qu’elle est prête à transmettre à la justice les informations nécessaires si le parquet décide d’examiner le signalement.
À ce stade, il s’agit uniquement d’allégations formulées dans une plainte d’une association anticorruption. Il appartiendra aux autorités judiciaires françaises d’établir si des infractions ont effectivement été commises.
Si le PNF décide d’ouvrir des investigations, celles-ci pourraient porter sur les décisions de recrutement de la RATP, les conditions d’emploi des élus concernés, la réalité des missions exercées ainsi que la légalité des rémunérations versées.
