Le président Volodymyr Zelensky a présenté un projet de document-cadre en 20 points, destiné non seulement à mettre fin à la guerre, mais aussi à créer une nouvelle structure de sécurité, de stabilité économique et de légitimité politique.
Il ne s’agit pas d’un accord de paix classique, mais d’une approche globale pour l’avenir de l’État et de la région.
Garanties politiques et souveraineté
Le document affirme clairement la souveraineté de l’Ukraine, confirmée par les signatures de toutes les parties. Ce point constitue le fondement sur lequel repose toute la construction ultérieure.
De plus, l’accord de non-agression et le suivi international de la ligne de front doivent assurer un contrôle réel de la mise en œuvre des accords, y compris par surveillance satellitaire et systèmes d’alerte précoce.
Sécurité et capacité de défense
L’Ukraine conserve des Forces armées puissantes — jusqu’à 800 000 milit
aires en temps de paix. En outre, les États-Unis et les pays européens fournissent des garanties de sécurité qui reproduisent, de fait, les principes de la défense collective de l’OTAN.
La Russie s’engage à inscrire la politique de non-agression dans sa législation, ce qui constitue un élément supplémentaire de dissuasion.
Stabilisation économique et intégration
Le projet prévoit des programmes d’investissement à grande échelle et la création de fonds pour la reconstruction économique. L’objectif est de mobiliser jusqu’à 800 milliards de dollars auprès des secteurs public et privé.
L’Ukraine bénéficiera d’un accès privilégié temporaire au marché de l’UE et accélérera la conclusion d’un accord de libre-échange avec les États-Unis. Ces mesures visent à assurer la stabilité économique et à réduire les risques de déstabilisation future.
Questions territoriales et humanitaires
Les points les plus sensibles concernent les territoires et la centrale nucléaire de Zaporijjia.
- Donbass et sud de l’Ukraine : scénarios possibles — de la fixation de la ligne de front à la création d’une zone économique démilitarisée avec retrait réciproque des forces.
- Centrale nucléaire de Zaporijjia : gestion conjointe par l’Ukraine, les États-Unis et la Russie, les détails restant à finaliser.
- Bloc humanitaire : échange de prisonniers de guerre, retour des otages civils et des enfants déportés, création d’un comité humanitaire.
Légitimité politique et mise en œuvre
Le document prévoit la tenue d’élections après la signature de l’accord et le caractère juridiquement contraignant de tous les points. Le suivi de la mise en œuvre incombe au Conseil de la paix, présidé par le président des États-Unis.
Le projet de Zelensky n’est pas un compromis « pour tous », mais une tentative systémique de poser les bases de la sécurité, du développement économique et de l’ordre politique. Il combine préparation militaire, garanties internationales et mécanismes de contrôle, créant ainsi des conditions dans lesquelles une nouvelle agression serait extrêmement risquée et économiquement défavorable.
Ce document démontre que la paix n’est possible ni comme simple déclaration, ni comme arrêt temporaire des hostilités, mais comme une construction institutionnelle où sécurité et développement sont interconnectés et contrôlés.
