Les Jeux olympiques d’hiver de 2026 à Milan-Cortina s’annoncent comme une vitrine du sport, mais aussi comme un symbole des contradictions écologiques. Malgré des chutes de neige naturelles, les organisateurs ont produit environ 1,6 million de mètres cubes de neige artificielle pour garantir des conditions optimales aux athlètes. À Livigno, 700 000 mètres cubes ont été nécessaires, soit sept fois le volume de la cathédrale Notre-Dame de Paris.
Selon Le Monde, cette production massive requiert d’importantes ressources en eau et en énergie. Un mètre cube de neige nécessite 0,7 kilowattheure d’électricité et 0,5 mètre cube d’eau. Au total, environ deux millions de mètres cubes d’eau ont été utilisés, équivalant à 160 piscines olympiques.
Des impacts durables sur les écosystèmes alpins
Pour stocker cette eau, les organisateurs ont construit des réservoirs, dont l’un des plus grands d’Europe à Livigno, avec une capacité de 203 000 mètres cubes. Cependant, ce réservoir n’a pas suffi. Les organisateurs ont dû puiser dans la rivière Spöl, principale source d’eau de la région, déjà exploitée à 98 % pour l’hydroélectricité.
Carmen de Jong, géographe à l’université de Strasbourg, alerte sur les conséquences de ces prélèvements :
« Ces structures ont été construites pour deux semaines de compétition, pour quelques centaines d’athlètes, au mépris des équilibres naturels en eau des zones concernées. »
Malgré les critiques, Davide Cerato, responsable de l’enneigement pour la Fondation Milan-Cortina, défend cette approche en parlant de « neige technique » plutôt que de « neige artificielle », soulignant l’efficacité du système.
Cependant, les données sur la consommation d’eau et d’énergie ne sont pas rendues publiques, suscitant des inquiétudes quant à la transparence et à l’impact réel sur l’environnement.
