Répression en Iran : 30.000 morts, la terreur documentée

L’Iran laisse entrevoir l’ampleur d’une répression longtemps dissimulée. À mesure qu’Internet revient, même lentement, les images surgissent. Elles frappent par leur brutalité. Elles racontent une violence de guerre contre des manifestants. Et elles dévoilent une cruauté méthodique, jusque dans les morgues et les prisons.

« Tout le pays sent la mort », murmure Leïla, une infirmière de Téhéran, sous couvert d’anonymat.

Selon Le Figaro, la répression aurait déjà causé la mort d’au moins 30.000 personnes. Le pouvoir impose le silence. Il coupe les communications. Il intimide les familles. Pourtant, le rideau noir se déchire peu à peu. Des scènes insoutenables circulent. Un père, effondré, cherche son fils parmi des corps alignés à la morgue de Kahrizak. Des agents ouvrent le feu sans retenue. La peur s’installe partout, dans les rues comme dans les hôpitaux.

Médecins et infirmiers, gardiens des preuves

Face à la chape de plomb, certains soignants refusent de détourner le regard. Ils collectent des éléments. Ils consignent les blessures. Ils photographient, datent, classent. Ils construisent un dossier minutieux sur ce bain de sang, au risque de leur liberté.

« Dites au monde l’enfer que nous sommes en train de vivre. »

Dans ce pays verrouillé, chaque preuve devient un acte de résistance. Chaque témoignage défie l’oubli. Et derrière les chiffres, des visages réapparaissent. Comme celui d’Ali Rahbar, jeune homme de Machhad, présenté comme le premier pendu d’une nouvelle vague de condamnations à mort.

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