Ancien officier de terrain de la CIA, Sean Wiswesser publie aux Etats-Unis Tradecraft, Tactics and Dirty Tricks: Russian Intelligence and Putin’s Secret War. Dans cet ouvrage, il analyse les méthodes des services russes et leur rôle dans la stratégie de Vladimir Poutine. Il estime que ces structures pèsent aujourd’hui davantage que le KGB soviétique, car elles servent un pouvoir plus concentré, plus personnel et plus offensif.
Des services au cœur du système Poutine
Selon L’Express, les services russes ne se contentent pas de collecter des informations. Ils cherchent aussi à influencer, manipuler et fragiliser les sociétés occidentales. L’ancien agent décrit un appareil obsédé par ses cibles étrangères, notamment les responsables politiques, les diplomates, les journalistes et les milieux économiques. Moscou utilise l’espionnage comme un instrument de guerre politique, avec une continuité directe entre l’héritage soviétique et la Russie actuelle.
Une menace plus large que l’espionnage classique
Le livre s’intéresse aux agents infiltrés, aux couvertures diplomatiques et aux opérations d’influence. Mais son message principal dépasse la technique. Wiswesser voit dans le renseignement russe un outil de déstabilisation. Il alerte surtout sur son objectif final : affaiblir les démocraties occidentales de l’intérieur. Le sujet prend une résonance particulière depuis l’invasion de l’Ukraine, qui a replacé la confrontation entre Moscou et l’Occident au centre des équilibres mondiaux.
Un diagnostic politique autant que stratégique
L’entretien publié par L’Express ne présente donc pas seulement un livre sur l’espionnage. Il éclaire la place des services secrets dans le régime russe. Il rappelle aussi une réalité plus froide : pour Poutine, le renseignement reste un levier de pouvoir, de pression et de projection internationale.
