Une frappe russe a provoqué vendredi 28 août une catastrophe majeure à Myla, dans le district de Boutcha, à l’ouest de Kyiv. Touché par un drone, un entrepôt a pris feu avant qu’une violente série d’explosions ne ravage les environs. Le bilan, encore provisoire samedi 29 août, atteint désormais au moins 37 morts.
Selon Reuters, l’attaque a déclenché une importante détonation dans le site de stockage et endommagé des habitations voisines. Les secours poursuivent leurs opérations tandis que les autorités ukrainiennes enquêtent également sur la présence de munitions à proximité d’une zone résidentielle. Cette seconde dimension transforme l’attaque en affaire de sécurité intérieure, au-delà du seul bilan militaire de la frappe russe.
Le bilan de la frappe russe près de Kyiv continue de s’alourdir
Les premières informations faisaient état de 27 morts et 42 blessés. Cependant, les autorités régionales ont actualisé le bilan dans l’après-midi du 29 août.
Le chef de l’administration militaire régionale de Kyiv, Tymour Tkatchenko, a annoncé que 37 personnes étaient désormais mortes. Les opérations de recherche se poursuivaient encore sur le site au moment de cette mise à jour.
Parmi les victimes figure Taras Didytch, responsable de la communauté territoriale de Dmytrivka. Il s’était rendu rapidement sur les lieux après l’attaque afin de participer à l’organisation des secours.
Au moins 42 personnes ont également été blessées lors des explosions, dont quatre enfants. Sept victimes ont dû être hospitalisées. Toutefois, le bilan humain pourrait encore évoluer à mesure que les équipes progressent dans les décombres.
Près de 400 habitants évacués après les explosions
La violence de la détonation a obligé les autorités à évacuer une large partie du secteur. Au total, 381 personnes avaient quitté la zone dans un premier bilan, dont 59 enfants.
Par ailleurs, environ 50 bâtiments résidentiels ont subi des dégâts de gravité variable. Un établissement accueillant des personnes âgées et handicapées a également été touché.
Les équipes de secours continuent d’éteindre les incendies et d’inspecter les bâtiments. Plus de 300 secouristes ont été mobilisés, d’après les informations communiquées par les autorités ukrainiennes.
La Croix-Rouge ukrainienne participe aussi aux opérations. Ses équipes ont évacué plusieurs habitants, prodigué des premiers soins et apporté un soutien psychologique aux personnes présentes dans la zone.
Un précédent similaire avait déjà frappé la région de Kyiv
L’affaire est d’autant plus sensible qu’un accident comparable avait eu lieu le 6 juillet à Vyshneve, également dans la région de Kyiv. Une attaque russe avait alors déclenché une longue détonation dans des entrepôts contenant des munitions.
Neuf personnes avaient été tuées et plus de 280 bâtiments avaient subi des dégâts. Ainsi, le drame de Myla relance les interrogations sur la localisation des stocks militaires pendant une guerre marquée par des attaques aériennes quotidiennes.
Par ailleurs, les frappes russes contre Kyiv et sa région se sont intensifiées ces dernières semaines. Les dépôts, infrastructures logistiques et réseaux de transport figurent régulièrement parmi les sites touchés. Reuters rapporte notamment une multiplication récente des attaques contre les chaînes logistiques ukrainiennes.
La défense aérienne ukrainienne reste sous forte pression
Cette attaque intervient dans un contexte particulièrement tendu pour la défense aérienne de l’Ukraine. Les forces russes utilisent simultanément drones, missiles balistiques et autres armes à longue portée afin de saturer les systèmes ukrainiens.
Le 20 août, une autre vague massive avait déjà causé 17 morts dans Kyiv et sa région. Volodymyr Zelensky avait alors affirmé que le manque de missiles pour les systèmes Patriot coûtait des vies à l’Ukraine.
La catastrophe de Myla montre toutefois que l’enjeu ne concerne pas seulement l’interception des drones russes. Il porte aussi sur la protection des infrastructures sensibles et leur éloignement des populations civiles.
L’enquête ouverte après la frappe devra donc établir pourquoi la détonation a pris une telle ampleur. Pendant ce temps, les secours continuent de rechercher d’éventuelles victimes et le bilan reste susceptible d’être révisé.
